Voyager NG

Le space opera nouvelle génération
 
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 Isolation

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Eric
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MessageSujet: Isolation   Lun 3 Oct - 23:25

Oban revient lentement à la conscience dans un lit. Il a l'impression de s'extirper d'un long sommeil et n'a pas les idées bien claires... Mais il a soif, alors il se lève, la tête dans le brouillard, et va se remplir un verre d'eau. La fraicheur du liquide dans sa gorge lui fait du bien et le ravigote un peu. Mais où est-il exactement ?

C'est alors que tout lui revient : Williams, son bureau détruit, son mensonge pour le mettre en isolation !

Il regarde autour de lui, s'attendant à une cellule ou à une chambre d'hôpital, mais c'est une chambre d'adolescent qu'il découvre.




Le soleil entre par la porte qui donne sur le jardin, et il entend les oiseaux. On dirait que c'est le matin.
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Xavier
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MessageSujet: Re: Isolation   Mar 4 Oct - 14:37

...

Simulation ? Réalité ? Illusion ? Je n'aurais même pas dû boire. Qui sait ce qu'elle a foutu là-dedans. J'aurais dû m'écouter et la sonner un bon coup. Je suis sûr qu'elle a menti sur toute la ligne. Petite-fille d'une sainte, mon cul.

Oban tape du pied par terre, pour créer une onde et sonder l'environnement. Pure perte : la simulation lui fournissait des détails sensoriels très convaincants.

Pour lui, l'objectif est clair : arriver à fuir une prison réputée inviolable.


Quelle vie...

Très vite, il entend et sent des pas s'approcher, avant qu'on ne frappe à la porte d'entrée.

Manifestement, c'est ouvert. Prêt à tout, Oban serre les poings en se demandant s'il jouera leur jeu.

La porte s'ouvre et entre une grande femme noire, d'une trentaine d'années, dans une robe toute simple.

Bonjour, Orson.


Orson, donc. Okay. Je n'irais pas jusque là. Miss... ?

Danielle. Je suis la maîtresse de maison.

Comme tu viens d'arriver et que tu dois te poser beaucoup de questions, je suis venu te voir dès que tu t'es réveillé. Mais d'abord, le plus important : que veux-tu pour ton petit déjeuner ?

Pas faim. N'essayez pas de m'amadouer, d'accord ? Je suis ici contre mon gré pour de faux motifs et mes pouvoirs ne sont pas assez puissants pour être dangereux. Et j'en ai le contrôle. La preuve, c'est que je suis passablement énervé, là, et que rien ne se passe.

Comme tu préfères. Pas de problème. De toute façon, il y a de quoi te préparer quelque chose dans les placards si tu changes d'avis.

Mon travail est de m'occuper des repas et de m'assurer que tu ne manques de rien, alors si tu veux manger quelque chose de spécial, si tu veux des fournitures particulières ou de quoi redécorer, c'est à moi qu'il faut demander. D'accord ? demande-t-elle avec gentillesse.

Et si je veux communiquer avec un numéro distant, vous pouvez arranger ça ?

Non, désolée. Pas de communications avec l'extérieur.
Par contre, tu vas recevoir de la visite.

Sans façon, je vais aller faire un tour pour le moment. Salut, Dani.

Oban sort.


Dernière édition par Xavier le Mar 4 Oct - 23:56, édité 7 fois
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Eric
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MessageSujet: Re: Isolation   Mer 5 Oct - 1:14

Derrière la porte, un couloir, dans le même style que la chambre. Il y a d'autres portes sur les côtés et tout au bout. il s'y avance, suivi par Danielle.

Là tu entres dans la partie virtuelle de ton logement. Il n'y a que la chambre et la salle de bain qui soient réelles. Pour l'instant, il n'y a rien derrière ces portes, mais tu pourras ajouter les modules de ton choix plus tard : bibliothèque, salle de sport, de musique. Tout ce que tu veux, si c'est disponible.

J'ai deux questions : Comment sort-on, quels que soient le temps ou les conditions requises, et... Tu n'existes pas, pas vrai ?

Bien sûr que si, dit-elle en riant. Je ne suis juste pas là en chair et en os. C'est une question de sécurité pour les employés. Toi tu te contrôles plutôt bien par rapport à certains de nos autres résidents, alors il y a des protocoles comme celui-ci pour protéger les employés du centre.

Et pour sortir, c'est simple : Il te faut l'aval de Mlle Adley. Tu la verras tout à l'heure.

Alors... Je peux avoir une salle de GravBall ? Fermée, avec uniforme d'entraînement ? Un punching bag et des gants ? Des percussions, parce que la guitare c'est pas pour moi, et Une pièce mécanique défectueuse à réparer ? Sans qu'on me dise quel est le souci. Et aussi, sauf votre respect, si vous pouviez me laisser seul, ça serait pas du luxe.

Bien sûr, tout ce que tu veux. Pour la pièce à réparer, je ne sais pas si c'est dans le programme, mais si ce n'est pas le cas, je ferai une demande et tu auras ça dans un jour ou deux. Pour ajouter des modules, utilise le terminal dans ta chambre. Si tu as du mal à t'en servir, je t'expliquerai quand je reviendrai te voir, d'accord ?

Oh, et ta visiteuse vient d'arriver. Ton amie Véronica. Tu veux la voir ?

Oban se concentre un peu, et en effet, il peut sentir la source d'Angélica à la limite de son champ de perception. CEtte sensation, il s'y accroche, parce qu'ils ne peuvent probablement pas la simuler. Et surtout, la direction dans laquelle elle se trouve, c'est la sortie. Par contre, il se sent étrangement abandonné à l'idée qu'elle sache qu'il est là.

Elle... sait que je suis là ? Oui, oui. Envoyez-la.

En attendant, Oban va voir à quoi ressemble cette console.


Dernière édition par Eric le Mer 5 Oct - 1:59, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Mer 5 Oct - 2:16

Oban prend congé de Danielle et retourne dans sa chambre. Il attrape la tablette 3D, s'assied, et ouvre l'interface. Il s'aperçoit vite qu'elle commande la plupart des équipements, dont le projecteur tridéo, avec accès aux chaînes de divertissement comme d'information, de musique aussi, mais également à une très grande bibliothèque. Il examine le logiciel dédié à l'aménagement de la partie virtuelle de son logement, qui a l'air simple d'utilisation, et commence à parcourir la longue liste de modules et d'options disponibles quand on frappe à sa porte à nouveau.

C'est probablement Angélica, et pourtant sa Source est toujours loin de lui, ce qui signifie qu'elle aussi n'a été autorisée à venir le voir qu'en version virtuelle. Oban bout intérieurement. S'il peut être sûr de son identité, c'est vraiment uniquement gràce à ses nouveaux sens. Mais La directrice en est aussi capable, alors comment savoir si elle n'a pas pu programmer ça aussi ?

C'est tout bonnement impossible. Et Orson, lui, ne devrait pas en être capable. En fait, d'après ce qu'il en sait, Alekseï ou Nétifer non plus, n'en seraient pas capables. Il va devoir jouer la comédie pour protéger son identité et la mission, malgré les bâtons qu'on lui met dans les roues.

Il soupire, sachant très bien que c'est en grande partie sa faute. Quand il entend les pas virtuels s'approcher de l'entrée, il dit :


Rentre, si tu es vraiment Véronica.

Angélica ouvre la porte, entre et referme derrière elle.

Salut, Oban.

Waow. Tu es drôlement bien installé, dis-donc, dit-elle en tentant à l'évidence de détendre l'atmosphère. Oban ne dit rien ; pour lui, l'ambiance ne doit pas être détendue. A ses côtés, le pad 3d repose par terre, et il reste en tailleur, de dos.

Elle vient s'asseoir dans son dos, et pose une main sur son épaule, en silence.

Tu sais, je suis innocent, je n'ai fait qu'être vulgaire et têtu. Je voulais aider. Elle m'a piégé. Je veux dire, j'aurais pu mieux me comporter. Je me suis laissé emporter. Mais c'est pas juste. Elle a utilisé ses pouvoirs pour imiter les miens. Je ne suis pas instable. Pas dangereux.

Enfin. Je dis ça comme si tu étais vraiment Véronica, mais je ne peux pas prouver que tu existe. Je ne peux avoir confiance en rien, ici. En personne. Tu pourrais n'être qu'une projection de la simulation.

Non, c'est bien moi. Écoute, la toute première chose que tu as dite la première fois qu'on s'est rencontrés, c'est "marrant, d'habitude je ne rêve pas de forêts." Tu t'en souviens ?

Quelle mémoire. Merci, mon ange. Alors, qu'est-ce que je dois faire ?

Pour l'instant, rester tranquille. Je pense qu'on peut te faire sortir, mais pas en faisant un trou dans le mur. Ce sera presque impossible de te faire évader, et même si on y parvient, qu'est-ce qu'on fera ensuite ? Par contre, je pense qu'à un moment donné, on devrait pouvoir convaincre Williams de te libérer. On aura forcément besoin de toi tôt ou tard, et si tu ne lui donnes pas de raison de te garder enfermé, on pourra obtenir ta libération.

Désolée. J'imagine bien que ce n'est pas ce que tu espérais, mais j'ai retourné ça dans tous les sens, et c'est la solution la plus réaliste, je crois.

...

J'imagine que les autres sont en train de dire que c'est typique et qu'ils en ont marre. Ils n'ont probablement pas tort. Si je peux servir à quelque chose d'ici, je le ferai avec plaisir. En attendant, j'avais besoin de temps, de toutes façons. Je vais utiliser ce temps. J'aime bien le matériel de l'école, mais le concept d'école, moins. Ici, au moins, j'ai de quoi étudier et m'entraîner. Mais quand cette histoire sera terminée...

Je ne sais pas exactement. Mais ça doit changer. La raison qui nous pousse à rester soudés ? Elle a intérêt à être vraiment bonne.

En fait... Je ne vais pas te mentir, ils ont râlé, c'est vrai. Mais c'est Alekseï qui a le plus insisté auprès de Williams et qui a réussi à la faire céder pour qu'elle m'autorise à venir te voir. Et pour le reste... On s'en occupera quand cette histoire-ci sera terminée. Une chose à la fois, je crois que c'est mieux.

Occupe-toi de toi, en attendant. On va s'occuper de tout, d'accord ?

Ca fait deux fois que tu dérapes. Fais attention. Tu peux y aller, j'ai l'habitude d'être seul. Comme si elle était déjà partie, Oban se saisit du pad et programme un long couloir  dont le centre est rempli de piliers de matériaux différents, pour le slalom et pour mémoriser les fréquence qui détruisent chaque matière. En plus, j'ai tellement d'idées...

D'accord, si tu veux... Mais ce n'est pas parce que tu a l'habitude d'être seul que c'est ce qu'il y a de mieux. Penses-y.

Je ne sais pas quand je pourrais revenir, alors prends bien soin de toi, d'accord ? dit Angélica avant de lui planter un baiser sur la joue, avant de se lever.

T'en fais pas pour moi, mais pour nos objectifs et pour les autres. Je vais très bien m'en tirer. Vraiment. Je sortirai vite, et avec des compétences dont tu n'as même pas idée. Promis.

T'en faire ne m'aidera pas, de toutes façons. Et euh... merci. Oban rougit un peu, et detourne le regard pour que ca ne se voie pas trop.


Dernière édition par Eric le Jeu 6 Oct - 16:13, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Jeu 6 Oct - 16:15

Une fois Angélica repartie, Oban est à nouveau seul et il active son corridor d'entraînement. Sa nouvelle théorie d'utilisation pratique de ses pouvoirs est légèrement différente de ce qu'il a tenté jusque là : la vibration est un mouvement. Quand Oban vibre, il arrive qu'il se décale par rapport à sa position initiale, et en tous cas, ses pieds quittent légèrement le sol. S'il se concentrait sur la bonne fréquence dans le bon sens, il devrait pouvoir "glisser" sur ces vibrations... Et peut-être bien surfer sur n'importe quelle  matière.

Et en effet, cela fonctionne ! La vibration réduit suffisamment les forces de frottements pour qu'il ait l'impression de se tenir sur une patinoire... Et il finit à terre un bon nombre de fois. Il va lui falloir pas mal de pratique pour réussir à garder son équilibre tout en glissant, mais il est certain d'y arriver avec assez d'entraînement.

Il est là-dessus depuis plus d'une heure quand on frappe à la porte de la salle dans laquelle il fait ses essais.


Oui, bah je suis en prison, je ne vais pas crier "entrez" à chaque fois. Entrez...

Oban retourne là où il a entreposé le pad, de l'eau et des serviettes, près de l'entrée.

La porte s'ouvre sur une femme d'une petite trentaine, élégante mais au visage couturé de cicatrices.

Bonjour, Orson. Je m'appelle Anne Adley. Je suis la psychologue du centre.

Oh, au fait, je continuerai à frapper avant d'entrer. Tu n'es pas en prison et cet endroit est ton lieu de vie, ce qui signifie que je compte bien le respecter. Je vois que...

Oh, parfait, je peux sortir alors ? Dit Oban en la coupant.

Oui, bien sûr, tu pourras sortir, dès que nous serons sûrs que ton niveau de maîtrise sur tes pouvoirs est suffisant.

Mes pouvoirs ont toujours été sous contrôle. Testez-moi pour voir. Tout ca n'est qu'une... erreur. En fait, pour tout avouer, mes pouvoirs fonctionnent bien mieux en tant que gadget qu'en tant que force de destruction. Et vous voyez vous-même que quand je m'entraîne, c'est en jouant.

Eh bien tant mieux. Cela ne sera que plus facile et plus rapide pour toi.

Mais ce n'est pas moi qui vais évaluer cet aspect. Moi je suis là pour parler avec toi, et faire un bilan psychologique. Tu sais en quoi ça consiste ?

Euh je connais les principes de la psychologie, mais ce n'est vraiment pas ma spécialité, miss. J'imagine que vous allez poser des questions et que, selon mes réponses, vous allez vous faire un avis sur moi.

Oui, c'est à peu près ça. Mais je ne suis pas là que pour te questionner. Mon rôle, c'est surtout de t'écouter si tu veux parler de toi.

Je ne vois pas pourquoi je ferais ça, miss. A moins que ça ne soit obligatoire, je n'aime pas beaucoup parler de moi. Pas aux inconnues, surtout quand je n'ai pas le droit. Je n'aime pas les réactions que ça provoque chez la plupart des gens. J'aime être jugé à mes actions, c'est pour ça que je suis très déçu par cet établissement. J'ai fait quelque chose qui est mal passé, ça s'appelle un choc de cultures. Et pour aider, en plus. Mais on a préféré m'infantiliser et me piéger. Les choses devraient être plus justes que ça.

Ne t'inquiète pas, tu n'as à dire que ce que tu as envie de dire. Je ne suis pas là pour t'obliger à quoi que ce soit.

Ceci dit, je suis aussi là pour te proposer des choses. J'aimerais te connaître un peu mieux, c'est certain, mais je pense surtout que tu aurais tout à gagner à TE connaître un peu mieux. Tu ne penses pas ?

Surpris, Oban tenté malgré tout de ne pas se laisser amadouer. Mais il faut admettre que cette femme marque des points.

 Si, si. J'essaie de me connaître mieux depuis pas mal de temps. Mais je ne vois pas comment vous pourriez m'aider à ce sujet. On s'y met quand ?

Quand tu voudras... Maintenant, si tu veux. Pour les autres fois ce sera aux moments où je serai disponible, bien sûr, parce que je vais aussi voir d'autres résidents. Mais tu verras, il y a un tas de petits exercices intéressants pour avancer, dont certains que tu pourras pratiquer tout seul.

Par contre, si on doit travailler ensemble, il y a quelque chose que tu dois savoir tout de suite. Je suis une empathe. Tu sais ce que ça signifie ?


 Vous ... vous savez ce que j'éprouve. Et Oban ressent malgré lui une impression soudaine d'impuissance, maintenant qu'il sait que la tromper sera encore plus dur que prévu. Ca risque d'être long. Hangid la fondeuse était d'une race d'empathes. Et elle était impossible à bluffer. Seul Dan y arrivait, les saints seuls savent comment.

Allons-y alors. Je suis prêt. Oban se jette à terre, directement en tailleur,  dans un lourd bruit qu'il utilise pour sonder l'avatar de la psychologue. Il doit normalement refléter son corps physique. Mais Oban sent aussi les âmes des gens. Il est curieux d'essayer ça sur un avatar tel que celui-là.

Sa vibration d'âme est un peu plus intense que chez l'être humain moyen, et plus claire.


Houlà, tu es bien sérieux ! dit-elle en riant. Pas besoin d'être aussi concentré, tu sais ? Le plus important, c'est surtout d'être naturel et détendu... Et pas que pour nos séances, d'ailleurs. C'est aussi vrai dans la vie en général.

Elle vient s'asseoir par terre deux mètres en face de lui.

Et puis ne t'inquiète pas trop pour mon empathie. Déjà, je ne suis pas vraiment là avec toi aujourd'hui, donc pour le moment, je ne sens pas grand chose à ton sujet. Ça ne me sera utile que si tu veux que nous fassions des séances face à face. Et même dans ce cas, cela m'aide à cerner ce que ressentent les gens, mais je ne lis pas leurs esprits. Cela veut dire que tes secrets restent tes secrets tant que tu ne veux pas les partager.

Mais avant que tu ne répondes à mes questions, toi, tu en as d'autres ?

On vous a dit quoi, quand on vous a présenté mon "dossier" ?

Je veux bien te le dire, mais à condition que tu comprennes bien ceci : Quoique j'ai pu y lire, ça ne pèsera pas lourd par rapport aux impressions que je me ferai par moi-même. D'accord ?

L'avenir le dira, mais j'aimerais quand même savoir.

D'accord. Bon, il y avait d'abord des banalités, que l'on retrouve dans le dossier de beaucoup des jeunes de ton âge : problèmes avec l'autorité, difficultés à se remettre en question, asociabilité, etc. dit-elle en faisant le geste de chasser quelque chose de la main, comme si ça n'avait pas beaucoup d'importance. Tout ça ne te surprend pas vraiment, je suppose ?

Non, c'est bien moi. Sauf asocial. Et on oublie grossier aussi. Mais poursuivez, je vous en prie.

Il est aussi dit que tu as de très grosses difficultés à faire confiance aux autres, que tu te sens persécuté et que tu as tendance à inventer des histoires. "Paranoïa" et "mythomanie" sont les termes exacts qui sont utilisés, si tu veux savoir.

Paranoïa c'est dur d'en juger soi-même. Mais mythomanie... La salope.  J'ai toujours droit de poser mes questions ?


Qui vous a fait ca ?

Quoi ? Mes cicatrices ? Une explosion. Une mine anti-personnel, pour être exact.

Civile ou militaire ? Je vous vois mal empathe et militaire, donc... Civile, j'imagine. Les humains se font encore la guerre entre eux ? Ca lui a échappé comme ça, aussi Oban a-t-il un moment de gène : parler des humains en tant que "les humains" ne doit pas être courant, chez les concernés. C'est dingue.

Ce n'était pas une mine de fabrication humaine, mais peu importe. Ce n'est pas un moment que j'aime évoquer. Je ne suis pas différente de toi : Moi aussi j'ai quelques épisodes de ma vie que je préfère garder pour moi.

Oui, bien sur. Mes excuses, je voulais savoir si c'était un des détenus qui vous avait fait ça. Passons, on peut commencer si vous voulez.

Parfait ! Oh, et tu n'as pas à t'excuser. Je te l'ai dit, tu peux me demander ce que tu veux, même quand je préfère ne pas répondre.

Oban acquiesce de la tête, et attend.


Dernière édition par Eric le Dim 9 Oct - 21:40, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Dim 9 Oct - 23:28

Bon, ça te dit qu'on remette ces histoires de profilage psy à un autre jour ? Comme j'ai vu que tu avais commencé à travailler ton contrôle sur tes pouvoirs, je peux te proposer de te montrer quelques petites techniques de relaxation et d'autres pour se concentrer qui pourraient t'être utiles. Enfin, si ça te dit.

Je vous écoute, je ne suis pas contre apprendre quelques trucs.  Mais qu'est ce qu'elle raconte... Une supra-psychologue adepte de... quoi d'ailleurs ? méditation ? Zen ? Klyntar ? Trandoshamanisme ?

Tant mieux. Bon, il y a quelques techniques simples que tu connais peut-être déjà, mais on va quand même commencer par là.

Dans les minutes qui suivent, elle lui montre quelques techniques de respiration. Se focaliser sur ses inspirations et expirations, Oban savait déjà faire, mais expliqués avec les bon mots, ces petits "trucs" prennent une dimension nouvelle.

Voilà. Concentre toi sur l'air qui passe dans ton corps. Tu sens comme il est plus froid quand il entre et plus chaud quand il sort ? Essaie de bien sentir le fluide et sa circulation...

En peu de temps, elle parvient à lui faire prendre conscience de sensations auxquelles il n'avait pas vraiment réfléchi jusque là. Sa voix est apaisante, et elle le guide jusqu'à ce qu'il arrive à mieux percevoir son corps, de son cœur jusqu'à ses extrémités, et il parvient à ralentir son rythme cardiaque. Au bout d'un moment, il se sent réellement plus détendu, plus léger. Son esprit se vide de ses pensées parasites. Il y a longtemps qu'il ne s'est pas senti aussi calme.

Alors évidemment, faire ça dans des circonstances favorables, comme maintenant, c'est facile. Réussir à le faire quand tu es en situation de stress, ce n'est pas la même chose. Pour ça, il n'y a qu'un secret : la pratique. Entraine-toi à faire ça le plus possible, dans la vie de tous les jours, jusqu'à ce que tu n'ai plus besoin d'y penser, et tu verras, ça viendra tout seul.

Patient, Oban n'explique pas que, quand on pense être dans une cuve de déprivation sensorielle et dans un lieu artificiel sans aucun moyen de savoir ce qui est vrai ou pas, une femme qui vous invite à vous détendre évoque une manière aisée de fouiller votre esprit à grands renforts de sonde psychique.

Pourtant, il a vraiment fait l'exercice, s'est vraiment détendu, mais ne veut pas avoir l'air cynique.


En situation ? Encore faut-il avoir du temps à dégager. Mais j'essaierai.

C'est déjà un début, non ?

Bon, je vais te laisser un peu de temps pour t'habituer avant de passer aux questionnaires d'évaluation psychologiques, d'accord ? Et puis je dois voir un autre jeune dans pas longtemps. Je vais te laisser pour aujourd'hui.

Bon travail, en tout cas.

Merci pour les conseils. A demain.

Après le départ de la jeune femme, Oban reprend ses exercices avec plus d'aisance et de précision. Les mouvements sont encore à parfaire, mais il passe tout de même au test suivant, et fait apparaître une piscine en forme de long couloir de deux cent cinquante mètres.

Mouais. Sois ouvert honnêtement, mais continue de penser au piège. Ca me fatigue de jamais pouvoir me détendre. Surveille tes pensées, mais rêfléchis. Si c'est ça être adulte, je le serai que le temps de me trouver un endroit libre de leurs contraintes.

Et il se remet à glisser, mais cette fois c'est sur l'eau. la différence de fréquence est marquée, mais pas ingérable. Quand il coule, il essaie diverses façons de faire vibrer l'eau et observe les effets modérés qu'ont ses pouvoirs une fois immergé.


Oban est plutôt mouillé à la fin, mais il a aussi beaucoup ri. Il se sêche, et pendant qu'il se repose, il prépare le prochain test sur le pad. C'en est fini de se faire taper dessus par des plus grands que lui. Dan l'a toujours découragé de se battre pour préférer lui apprendre à fuir. Alec a ses défauts, mais au moins il lui a appris où frapper, comment et pourquoi. Il se trouve une sorte de dojo virtuel pour plus tard.

Il retourne dans le premier couloir et teste ses facultés sur les divers piliers de métal qu'il a utilisés pour slalomer. Chacun aura une fréquence différente. Il doit savoir s'il peut tous les endommager ou pas, et retenir leur fréquence exacte. Ensuite, il essaiera de les endommager plus rapidement. Au travail...



Dernière édition par Eric le Lun 10 Oct - 12:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Lun 10 Oct - 17:36

Après avoir passé une bonne partie de sa journée à travailler, Oban fait une pause pour manger en regardant une rediffusion du championnat de la Ligue Terran de gravity ball. Il a ensuite le temps de regarder de plus près les options disponibles pour les dojos, et elles sont nombreuses. Il y a tous types d'environnements virtuels disponibles : les salles d'entraînement classiques, bien sûr, mais aussi les "Chutes d'Eau du Dragon" ou encore la "Vallées des bambous" ou même "Le pic dans la Gueule du volcan". Ceux qui ont conçu tout ça ont dû voir trop de tridéos, c'est certain. Plus intéressant, un tas d'assistances sont disponibles, notamment des professeurs virtuels, programmés d'après de vrais maîtres d'arts martiaux venus de presques toutes les disciplines terrans.

Par contre, Oban n'est pas surpris de ne trouver aucune disponibilité d'aide par l'Analyste : pas d'accès extérieur...

Il s'apprête à y retourner quand il reçoit à nouveau la visite de Danielle. Elle frappe à sa porte et attend qu'il l'y ai invitée pour entrer.


Alors, Orson, tu as bien mangé ? Je suis venue voir ce que tu voulais mettre à ton menu.

Hummm... Je ne sais pas moi... des fruits, du pain, du riz, quelques légumes ? Des céréales, peut-être. Je vais faire beaucoup de sport, je crois. Donc sucres lents et protéines végétales, surtout. Et des gateaux, n'importe quoi.

Il est quelle heure, en vrai ? J'ai mangé mais je ne sais pas quand, et je n'avais pas vraiment faim...

Il est presque 14h00. L'heure sur ton horloge et sur tes écrans est bien réelle, et le cycle jour/nuit est respecté comme si tu étais dehors. On ne veut surtout pas que vous perdiez la notion du temps.

Dis-moi, tu as une alimentation très saine. Tu as droit à quelques extras quand même, tu sais ?

bah ouais, les gateaux. Vous savez, quand on vit dans l'espace, ce que je vous demande là EST du luxe.

D'accord. Je t'amène ton repas dans ta chambre ce soir.

Oh, et Mlle Adley m'a dit que tu pourrais voir les autres résidents dès demain, si tu veux.

D'accord. Je t'aime pas , toi. Ce qui est chiant, c'est que ça n'a rien de rationnel. Comme le vieux aux cheveux blancs. Pourquoi y'a des gens que j'aime pas...


Dernière édition par Eric le Lun 10 Oct - 20:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Lun 10 Oct - 22:50

Ayant pris bonne note de ses désirs, Danielle laisse Oban à ses occupations. Il reprend ses slaloms et ses destructions de pylônes métalliques, tentant de gérer plusieurs fréquences différentes aux pieds et aux mains. Pour le moment, c'est comme essayer de regarder dans deux directions à la fois, mais c'est la raison pour laquelle il s'entraîne.

Il le fait en écoutant son cours de Turc. Cela dure deux heures, après quoi il sent qu'il aurait besoin, pas de repos, mais de ralentir. Il reprend les exercices de respiration et une idée lui vient. Il pianote une demi heure pour tout programmer comme il le faut. Il lui faut travailler sur les Intelligences artificielles, et il a besoin d'une compagnie. Il se commande donc le matériel virtuel pour plus tard, et décide qu'avant, il va ralentir le rythme, mais pas arrêter l'entraînement pour autant ; il lance la sélection de tout à l'heure.


Le voici avec une bure comme il les aime, même si elle est virtuelle, et une senseï de Taï Chi et de méditation.





Nous allons méditer sur notre centre de gravité pour commencer. Puis nous irons dehors, répéter les mouvements essentiels.





Oban poursuit sa méditation. Il reste au centre de lui-même, en tailleur, les poings repliés vers le centre, la colonne vertébrale droite mais la tête baissée.

Il vibre, mais seulement avec son cœur. Il se règle sur les ondes mystiques. Il sait qu'il peut sentir les âmes des gens, et que c'est ce qui lui fait tellement prendre conscience de ce que fait Nétifer. Il sent aussi la magie. Il perçoit ses propres chakra. Ron et Harry, le faux livre du long couteau... Et il doute que la simulation puisse tromper ce genre de force primaire. Il lui faut un minimum de contrôle et d'informations sur ce qui l'entoure réellement.


Oban n'y connaît pas grand chose en sciences occultes, mais en se concentrant vraiment très fort, il parvient finalement à déceler une anomalie dans la façon dont l'âme de son maître virtuel vibre. C'est... trop régulier, pas comme chez une vraie personne. La réalité virtuelle dans laquelle il se trouve est assez bien faite pour générer une énergie spirituelle suffisante pour que les capacités mystiques puissent affecter les protagonistes, mais elle ne peut simuler de vraies âmes.

Satisfait, il salue le professeur, et l'éteint.

Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, il se met à programmer son Intelligence artificielle, et se pose dans un fauteuil avec le pad. Il part "glisser" de temps à autres quand ça devient trop pénible, puis s'y remet, et il tourne ainsi entre devoirs à rendre pour sa sortie et entraînement. Il se rhabille justement quand un visiteur arrive.


Entrez...


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MessageSujet: Re: Isolation   Mar 11 Oct - 1:37

La porte s'ouvre sur Anne Adley.

Bonjour, Orson. En forme, ce matin ?

Cela te dirait d'aller rencontrer les autres ?

Je suis prêt. Ils sont nombreux ?

Actuellement il y a huit autres résidents, mais tu ne les verras pas tous ce matin. Certains ne sortent pas beaucoup de leurs chambres.

Bon, si tu es prêt, allons-y.

Ils sortent par la porte du bout du couloir, et arrivent dans une petite entrée. A travers les fenêtres, on peut voir un paysage de plaine. Lorsqu'ils passent la porte, c'est en effet sur une grande prairie éclairée par un beau soleil qu'ils arrivent. En se retournant, Oban peut voir qu'ils viennent de sortir d'une petite maison assez coquette. Il y en a d'autres dans la plaine, reliées par des chemins à une grande bâtisse moderne, qui se trouve à une centaine de mètres de là.

Ça, c'est ta maison virtuelle par défaut. tu pourras en changer l'apparence si tu veux. là-bas, dit-elle en montrant le grand bâtiment, c'est l'endroit où vous pouvez vous réunir. Viens.

Elle le conduit jusqu'au bâtiment en question. Oban peut voir qu'il y a une véranda, une serre et même une piscine. Ils passent par un hall et elle le guide jusqu'à une grande pièce décorée dans un style très rétro où deux jeunes fille à peu près du même âge que lui sont en train de faire leurs devoirs. Assis dans un coin isolé, un type qui ressemble plus à un alien lit un livre.



Ah, les jumelles et Cletus sont déjà là. Les autres ne devraient pas tarder.

Bonjour, mesdemoiselles. Je vous présente Orson. Il vient d'arriver.

Bonjour, Orson, répondent en chœur les jumelles.

Orson, voici Mauricia et Robin.

Salut, Maurie, salut Robin.

Cletus ? Tu dis bonjour ?

Ouais, salut, fait-il avant de se replonger dans son livre.

Yo.

Oban regarde autour de lui ; il est lui-même surpris de ne pas être mal à l'aise. Il aurait plutôt pitié pour les trois malheureux coincés ici, probablement contre leur volonté. S'ils s'ennuient comme lui craint de s'ennuyer, ça ne doit pas être drôle.

Oban reste debout comme s'il allait repartir sous peu. Curieux, il penche la tête pour lire le titre du livre de Cletus, qui s'avère être un roman policier nommé "L'inconnu du trans-galactique".


Je peux te laisser faire connaissance, Orson ? Je vais chercher les autres, d'accord ?

D'accord, à plus tard.

Une fois qu'elle est partie, Oban se retourne vers les trois autres, visiblement occupés à leurs affaires, et leur fait un sourire faussement gêné.

Euh... Qu'est-ce qu'on fait là, en fait ? Je veux dire, c'est sympa de voir des vrais gens... Si vous en êtes... Mais à quoi je dois m'attendre au juste ?

Ça dépend.

Qu'est-ce que tu veux ?

On peut faire un jeu, si tu as envie.

Tu joues aux cartes, ou à autre chose ?

Il est légèrement surpris, mais Oban tente de ne pas trop le montrer.

Euh oui, pourquoi pas, si ça vous fait plaisir. Il faudra peut-être me montrer comment ça se joue, mais je suis partant.

Mais je voulais surtout dire : quel est le but ? On socialise dans un but particulier ou ça fait partie de la euh... "réhabilitation"  ?

T'as tout compris, mon gars, lance Cletus de son coin. Ils pensent que c'est mieux pour nous.

Dans le sens où des prisonniers peuvent se faire des contacts intéressants en cabane, ils n'ont pas tort...

Fait pas attention à lui.

C'est un râleur.

On joue au 8 voltaricain ? dit Mauricia en sortant un jeu de cartes de son sac.

On va t'expliquer, t'inquiète.

C'est pas un jeu d'humains, ça, si ? Ajoute Oban en espérant que c'est bien le jeu auquel jouaient les frères Noolan de la décharge.

Ben non... C'est voltaricain.

Pourquoi, tu connais ?

Bah non, mais vu le nom... Ca me semblait logique. Et Oban entreprend de continuer de mentir en "apprenant" les règles.


Dernière édition par Eric le Mer 12 Oct - 21:21, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Jeu 13 Oct - 5:48

Oban fait quelques parties avec les jumelles, faisant mine d'apprendre le jeu et les surprenant plusieurs fois avec sa "chance du débutant". Les deux jeunes filles sont plutôt de bonne compagnie, malgré leur manière un peu bizarre de mener leurs conversations à deux, et jouer avec elles se révèle finalement assez amusant.

Après un moment, Adley revient en compagnie de trois autres jeunes.


Je vous présente Orson. Orson, voici Orion, Tamara et Venusia.

Salut, fait un garçon d'une quinzaine d'années aux cheveux blancs et à l'air triste.

Bonjour, dit timidement une fille d'âge indéterminable, et à l'apparence vraiment étrange, même pour Oban qui est pourtant habitué aux aliens.

La troisième, plus jeune femme qu'adolescente, lui fait un effet saisissant. Même si elle est à peine peignée et habillée comme un sac, c'est tout simplement la plus jolie fille qu'Oban ait jamais vu. Ses traits ne sont pas parfaits, mais elle a un charme qui le prend directement à l'estomac. Si c'est l'effet que lui fait une projection virtuelle, il n'imagine même pas ce que ce doit être en vrai !

Salut, Orson.

... Salut. A tous. Dîtes, Miss Adler...  Qu'est-ce qu'on fait là ?

Je te présente aux autres résidents, bien sûr. Ce centre a beau être dit "d'isolation", cela ne signifie pas que vous deviez vivre dans la solitude.

Ou on est là parce que si on sort, des gens risquent de mourir. Ça répond aussi à la question du gamin. Question de point de vue, miss.


Euuuuh... Je ne veux pas paraître insolent, mais aucun de vous ne répond à ma question. Que se passe-t-il, maintenant ? On attend les derniers et puis quoi, on reste ensemble une heure ?

Et puis, sans vouloir en rajouter, je ne suis pas assez puissant pour être un danger réel pour l'extérieur.

Tu restes le temps que tu veux, Orson. Tu n'as pas d'obligation, mais ce serait bien que tu prennes le temps de faire connaissance, non ?

Oh oui, reste un peu !

Tu es le seul avec Tamara qui veuille bien jouer aux cartes avec nous !

Ça c'est parce que vous trichez, les filles.

Hé, on ne triche pas !

Ce n'est pas de notre faute si on a un lien mental, Clétus.

Et puis d'un point de vue purement pratique, étant donné que tu vas continuer à suivre les cours pour lesquels tu étais inscrit, tu vas pouvoir aider et te faire aider par tes co-résidents. Tamara est au même niveau que toi en mathématiques et en physique, et c'est la même chose pour Vénusia en informatique. En plus, vous êtes plusieurs à faire de la musique, et je crois qu'il vous manquait justement un percussionniste.

C'est vrai ? Tu sais jouer de la batterie ?

Ce serait génial !

Haha, ouais... Même que j'ai pas besoin d'instrument. Je peux être ma propre caisse de résonnance, mais c'est mieux avec une vraie, quand même.

Et Cletus, si tu connais les règles, c'est dur de tricher. Mais je peux te montrer comment faire... Me regardez pas comme ça, les filles, j'ai pas dit que je l'avais fait jusque là ! Hum.... Tamara, tu veux jouer, du coup ?

D'accord, fait la fille avec sourire qui dévoile une double rangées de dents pointues et aiguisées.

Bien. Je vous laisse, les jeunes, d'accord ? Je vais voir Samir.

Anne Adley s'éclipse, laissant les résidents jouer aux cartes, lire ou juste regarder la partie, comme le font Orion et Vénusia. Oban n'a aucune envie particulière de gagner, aussi passe-t-il son temps à analyser les gens autour de lui. Il n'a pas besoin de les regarder pour ça, juste d'essayer d'isoler le "pouls" de chacun.

A priori il n'est pas seul à faire ça, et il est persuadé que La jolie fille et le sélénite l'analysent aussi.


Alors, qu'est ce que vous avez fait pour vous retrouver ici ? Lance-t-il en regardant son jeu.

Ce n'est pas tellement ce qu'on a fait.

Mais plutôt ce qu'on arrive pas à faire.

Aucun de nous n'a commis de crime, ou du moins pas volontairement, sinon nous ne serions pas ici.

C'est juste que notre incapacité à contrôler nos "dons" nous rend dangereux pour les autres.

Ou pour nous-même.

Je crois aussi qu'Orson veut savoir quels sont nos dons. Moi je sécrète en permanence des toxines dans l'air, Orion ne contrôle pas sa télépathie, Vénusia séduit tous ceux qui l'approchent, Cletus a fusionné à la naissance avec un symbiote alien très agressif et les jumelles...

Wow, c'est dingue... Mais Orion ne peut pas être si dangereux que ça, si ? Les autres ont tous un truc pour inhiber leur don. Pourquoi pas lui ?

Les inhibiteurs ne marchent pas sur moi.

Et vous, les filles ?

Tant qu'on est proches l'une de l'autre tout va bien.

Mais si on se sépare de plus de quelques mètres les éléments se mettent à faire n'importe quoi.

Mais...

Et toi, gamin ?

Et toi, gamin ? Et toi, gamin ? Et toi, gamin ?répète Oban. La troisième fois, il a presque la voix de Cletus.

Pardon. Je vibre. Et je le contrôle parfaitement. Je peux jouer avec le son, comme changer ma voix. Ou faire des grosses basses. Ou faire vibrer l'air... Et l'air autour de sa main se met à bourdonner comme un insecte. ou moi. Et sa main se met à vibrer tant qu'elle se trouble.

Et j'ai quelques autres tours dans ma manche. En fait, en ce moment je m'entraîne à appliquer ça au Gravity Ball. Ha ! L'autre fois j'ai crié tellement fort pendant un match qu'ils m'ont envoyé sur la touche pour "attaque interdite".

C'est vrai ? Tu joues ? Et tu suis le championnat ? Tu supportes une équipe ?

C'est bon, Cletus.

Commence pas avec ça.

Laissez, les filles, c'est cool au contraire. Eh, Cletus ! Si on sort d'ici, un jour, on pourrait jouer ensemble dans la nouvelle ligue "supers" qu'ils montent pour lutter dans les ligues du noyau. Ca te dirait ?

Et pour répondre à ta question, j'aime bien les Silver de Nohj. Leur captain est impressionnant, il envoie les gens bouler comme si c'étaient des rideaux, quoi. Il les écarte, le mec. Fox est pas mal aussi, le petit. Et le "surfer", là, qui défend, il est rusé avec ses grappins, il tient tête au captain oendant les entraînements, il parait.

Je finis et on en causera plus tard, s'tu veux.


Dernière édition par Eric le Ven 14 Oct - 21:35, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Isolation   Sam 15 Oct - 13:34

Oban joue aux cartes un moment avec les trois filles pendant que les autres s'occupent de leur côté. Ils sont assez curieux vis-à-vis du nouveau, qui heureusement n'a pas à mentir plus que cela : Ils s'intéressent plus à ses hobbys et aux cours qu'il suit plutôt qu'à son passé. Dans l'ensemble, ils s'avèrent plutôt sympathiques. Orion est un peu réservé, Cletus un peu bourru, mais Oban sent qu'il pourrait s'entendre avec tout le monde ici.

Au fait, Orson, quand tu étais encore dehors, tu as vu Gabriel Saba ? lui demande Tamara au bout d'un moment.

Vite fait, oui. Il ne me connaît pas, par contre, enfin je ne pense pas. Pourquoi ? Il te manque ?

Il nous manque à tous.

Il avait le don de nous inspirer.

Il nous a laissé tomber, aussi...

Sûrement pas ! répond Tamara avec véhémence. Il a promis qu'il serait toujours là pour nous ! Et puis on devrait tous suivre son exemple si on veut sortir un jour.

Ouais. Lui, au moins, il a écouté Epsylom... murmure Cletus pour lui-même, si bas que seul Oban aura entendu.

Euh... Ca a l'air d'un type bien, mais bon. Vous en parlez comme d'un messie, c'est juste un gars, quoi. Ca a l'air d'un gars bien, il vous a manifestement motivés mais... regardez dans quel état vous vous mettez quand il accède enfin à la liberté !? Vous devriez être contents pour lui, suivre son exemple, et aller le rejoindre. Moi, c'est ce que je vais faire en tous cas. Oban est déçu, mais pense déjà en avoir trop dit, alors il se replie dans ses cartes. Wow, comment on peut être aussi dépendant d'une personne... Est-ce que je le suis, moi ? T'en penses quoi, Orion ? Bah oui, je me doute bien que tu entends. J'ai presque aucune notion de télépathie, j'ai du mal à masquer mes pensées.

Mais aucune réponse ne vient d'Orion. Oban se souvient alors qu'il ne sont pas vraiment là avec lui. Orion est probablement dans sa propre salle virtuelle, et donc incapable de lire ses pensées. Parfait.

Oh, mais c'est exactement ce qu'on compte faire. Il nous a montré la voie et ceux d'entre nous qui le peuvent comptent bien la suivre. N'écoute pas Orion. C'est un défaitiste sans volonté.

Ouais ! On compte pas moisir ici non plus, gamin. On fera ce qu'il faut pour sortir et pour ne pas rester des inutiles.

C'est vrai qu'on a tous beaucoup progressé grâce à Gabriel.
Et grâce à...

C'est bon, Robin. Orson a compris, je crois.

Et je peux en être ? Je veux dire, si vous avez le temps, on peut causer, jouer et peut être même s'entraîner ensemble ?

J'ai besoin de temps pour étudier, mais si on a droit aux visites... on a le droit aux visites ? Ou à une simulation partagée ?

Bien sûr ! Tu as vus les maisons, dehors ?

Ce nos les nôtres. tu peux venir nous y voir quand tu veux.

Et y suivre les cours avec nous. Ce serait bien d'avoir quelqu'un d'autre avec moi quand je suis en sciences.

C'est bien, je dosi poursuivre les cours de toutes façons. Je serai ravi d'avoir ta compagnie.

Ou pour se faire un match de GB !

J'ai déjà programmé une arène, viens quaaaaand tu veux !

Ok, je me le tiens pour dit. J'espère que t'assures, fait Cletus avec un clin d'oeil. Je viendrai te voir bientôt, ou alors tu viens quand tu veux.

D'ailleurs, en parlant de cours, il est déjà presque 10h00.

Ça va être l'heure d'y aller pour nous.

Pour nous tous, je crois.

C'est ton deuxième jour, Orson, pas vrai ? Tu devrais avoir ton planning scolaire d'ici ce soir. Tu verras, l'avantage d'être ici et que tout se passe en simulation, c'est que tu peux l'arranger comme tu veux. Demain on s'arrangera pour avoir nos leçons de sciences en commun, si tu es toujours d'accord.

Tous saluent Oban et lui disent qu'il est le bienvenu pour revenir les voir ici-même ou chez eux après les cours, en fin d'après-midi, puis ils s'en vont en classe, le laissant libre de vaquer à ses occupations.


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MessageSujet: Re: Isolation   Sam 15 Oct - 20:15

Oban accède à toutes les demandes, et leur approprie un jour spécifique de la semaine.

De retour à sa chambre, Il prend une balle de caoutchouc, et commence à la faire rebondir d'un mur à un autre, et attrape la balle en cours de ricochet. Est-ce que les détenus forment une sorte de milice en devenir ? Est-ce qu'il remonte une piste avec d'abord Saba, puis ce Epsylom ? Est-ce que ça remonte à d'autres détenus ?

D'autres questions apparament sans lien se succèdent et il passe ainsi un temps à ne faire que réflêchir à l'affaire en faisant des rebonds.

L'anti-mutés, là, Vargas. Qui dit q'il n'est pas un muté lui-même ? Et le frère de Luna... Angie l'aidera comme elle pourra.

Puis il se saisit de la balle une dernière fois, et se demande pourquoi la plus belle fille qu'il ait jamais vu n'arrive pas en première position dans son "top ten" personnel. Il active son arène de Grav'ball : Une sphère avec une unité flottante, sphérique elle aussi, qui siège au centre et qui change de sens de rotation toutes les minutes. Elle est dotée de multiples prises pour les mains, les pieds et les grappins.

Elle est très simple, mais très grande. Il commence à créer un avatar d'adversaire typique, puis demande à l'ordinateur de se baser sur son profil personnel pour en créer un second. Il lance une équipe de trois "avatar 1", lance l'enregistrement, et se lance dans des manoeuvres, sans utiliser ses pouvoirs. Il lui faut un Oban avec ses mouvements, ses habitudes et ses caractéristiques physiques, à son maximum mais sans pouvoirs.

Il réalise vite qu'il a été gourmand en terme de concurrence physique, mais aussi que l'IA des adversaires est améliorable. Il a du mal à se défaire de trois adversaires, mais avec un rebond heureux, finit par marquer un but. Il a tout ce qu'l lui faut. Pendant que l'ordinateur calcule "Avatar O", Oban se fait à manger. Une fois cela fini, il travaille à son IA tout en grignottant. Il faudrait qu'elle puisse entendre, et apprendre à gérer les tactiques de la salle de Grav'ball.


La journée passe très vite, ainsi occupé, et c'est presque surpris qu'Oban entend le signal sonore de sa porte d'entrée. Ayant regardé vite fait les fonctions disponibles pour sa "maison", il fait apparaître une image du visiteur qui attend sur son seuil, à l'extérieur. C'est Cletus.

Eh, salut, mec. Je pensais pas te voir si tôt. J'étais en train de bosser sur une IA pour gérer mon arène, justement. Tu veux tester ?

Ben ouais, je suis là pour ça. Tu me montres ?

Pour l'instant on va se faire une partie 3 contre 3, on joue l'un contre l'autre ?

Oban pianote pour multiplier l'Avatar 1 et en mettre deux dans chaque équipe. Ils décident de laisser les engagements libres : à la remise en jeu, la balle est remise à un joueur choisi par l'équipe, donc par Cletus ou Oban.

Oban enfile les grappins magnétiques et les protections, et se rend sur le terrain, où l'engagement sera donné à l'équipe visiteurs.


Prêt ?

Quand tu veux. Et rassures-toi, je ne me servirai pas des tentacules.

Comme tu le sens !

Oban laisse ses "sbires" aller à la rencontre de l'ennemi, mais reste en arrière, sur le mur extérieur. Il aperçoit la balle, et se met à courir vers elle en se stabilisant par répulsion magnétique avec son bras gauche. Et quand l'adversaire arrive à portée, il saute de toutes ses forces en inversant l'attraction du gant gauche, et corrige avec le gant droit. Le choc va être un peu brutal ; Oban sourit.

Il vient percuter Cletus, qui tourne sur lui-même au dernier moment, empêchant Oban de le repousser comme il le voulait. Ils sont toutefois tous deux écartés de leur trajectoire initiale et doivent se corriger avec les gants pour revenir vers les bots qui tiennent la balle. Oban peut déjà dire à ses réflexes et à ses déplacements que l'isolé est fichtrement doué : exactement ce qu'il espérait !

Maintenant que la balle a été reprise par les bots, le jeu devient tout autre : c'est au premier qui ira la leur reprendre.  Oban sourit et s'élance à nouveau à coups de saut et grappin. L'arène s'y prête bien. En se mouvant, il pense à ce qu'il pourra étudier de l'avatar de Cletus pendant ses entraînements privés.


Pas mauvais, Orson ! Pas mauvais !

Les deux jeunes gens entrent dans la mélée. La lutte est serrée, et la balle change de camp plusieurs fois. Cletus manque de marquer, mais Oban réussit à défendre in extremis. Un peu plus tard, c'est lui qui est tout prêt de marquer.

Les deux adversaires ont chacun leurs avantages : Si en terme de puissance physique ils sont à égalité, Cletus est un peu plus vif. Oban, lui, a une meilleure anticipation des trajectoires. Il n'aurait pas pu espérer mieux : ni trop puissant, ni trop peu, Cletus est un bon adversaire.

Oban commence à jouer les passes rapides avec ses partenaires, sans prendre trop de risques. Ils font une percée jusque sous la boule centrale tandis que Cletus se place en défense, Et Oban se jette en position de tir pour terminer l'échange. La passe arrive jusque dans ses mains, mais le mutant est déjà sur lui, prêt à attraper la balle. Alors Oban laisse Cletus toucher la balle mais au moment où ses doigts l'effleurent, oban s'appuie sur le dos du mutant et se tend juste assez pour frapper dans sa main.

La balle s'en va vers la boule centrale et richoche droit vers Oban , qui dérivait vers le haut.





Et l'enfant a le champ libre. Lorsque Cletus se retourne, c'est pour voir le but.


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MessageSujet: Re: Isolation   Dim 16 Oct - 23:00

Bien joué, gars ! Bien joué !

Ça te dit qu'on augmente un peu la difficulté ? Tes bots sont sympas pour un premier jet, mais moi ça fait des années que je peaufine mes équipes virtuelles. J'ai les meilleurs joueurs de la ligue terran et des ligues du Noyau en réserve. Je te laisse même choisir tes joueurs en premier, si tu veux !

Oh, vraiment ? Coool. Je pourrai m'entraîner contre Redux et Manix, ce serait trop fort. Oh oui, fais ça, mec, pas de souci.

Dis... au fait... vous savez, vous, quand vous sortirez ? Vous avez des plans pour une fois que vous serez dehors ?

Moi j'ai fait pas mal de progrès avec mon symbiote, dernièrement. Si ça continue comme ça, dans quelques mois je serai dehors... Peut-être à temps pour intégrer l'équipe de Grav'ball de l'Institut et aller voir du pays !

On pourrait jouer dans la même équipe, ça serait bon, ça. C'est quoi cette histoire de symbiote au fait ? Tu n'es pas mutant du tout ? Il... Pense ? Comment ça marche, en fait ?

Je suis fusionné avec lui depuis ma naissance. Il n'est pas vraiment intelligent. Enfin... Comme un chien, peut-être.

Il faut que tu l'utilises pour la prochaine manche. J'utiliserai mes propres dons. Je commence à trouver des utilisations amusantes, justement. C'est pour ça, la salle sphérique.

Ce ne serait pas du jeu, vraiment. Si j'utilise les tentacules du symbiote, tu n'as aucune chance.

Oban se contente de regarder Cletus tandis que son sourire s'élargit.

Cletus hausse les épaules.

Ok, comme tu veux. T'iras pas te plaindre.

Je t'ai dit que tu pouvais choisir tes joueurs en premier dans ma collec', alors vas-y.

Lâche-toi, moi tout ce que je veux c'est un bon partenaire d'entraînement, pour le moment. Et puis, le moment venu, peut être... un bon partenaire tout court !

On reste sur des équipes de trois ? Alors mmmm... Oban retrouve facilement ses deux favoris, qui ne jouent ordinairement pas ensemble, mais dans une simulation, peu importe. Bien sur il sélectionne Moore, le grand barbu de la ligue sélucéenne, "le meilleur passeur de la fédération". Ses passes à rebonds sont légendaires. Et un autre passeur, celui qui lui a fait aimer le Grav'Ball galactique : Ellis. En plus, il jure tout le temps pendant les matches. C'est marrant. Dans l'arène, les deux apparaissent et leur tenue vient prendre les teintes oranges de l'équipe d'Orson.

Voilà, je n'ai pas eu à réfléchir bien longtemps. A toi.

Pas besoin. Tu as pris tes favoris, je comprends, mais ils ne sont que dans mon tiers 2. Je vais jouer tout seul. A trois contre un, tu as peut-être une chance.

A son air, il n'y croit pas vraiment.

A vous l'engagement, dit Cletus en se reculant jusqu'à ses buts. Oban lève un sourcil, pensant comprendre la stratégie de l'adversaire. Il va se saisir de la balle, et prend son temps pour venir se poser sur la boule centrale.

Et il y reste. Ses acolytes viennent prendre les places optimales pour un jeu de passes. Et ils attendent.


En équipe, ton truc marcherait sûrement. Tu dois faire un gardien d'enfer. Mais tu t'es grillé. Et on est en prison. J'ai touuuuuut mon temps. Oban sait à quel point c'est faux, mais il peut observer les éventuelles failles de l'adversaire, sa position, et il entend bien frapper au moment le plus opportun.

D'ailleurs, il a déjà commencé, de façon imperceptible, à créer une vibration dans la balle afin de lui imprimer une force de rotation.

Mais en attendant, il faut le distraire, voire l'énerver... Seulement, Cletus ne semble pas vouloir bouger. Les deux pieds posés sur le cercle de but, légèrement penché en avant et les bras croisé, il attend simplement, sans lâcher l'action des yeux.

Très bien, pense Oban. Il ne voit pas vraiment d'autre alternative. Il attend encore un peu, que la rotation imprimée à la balle se disperse, et commence un jeu de passes avec les IA et se place entre ses deux partenaires. Quand la balle lui revient, il fait mine de l'attraper, puis fonce vers Cletus. Mais la balle est passée à Moore, et Oban espère qu'en servait de leurre, ils arriveront à tromper l'adversaire.

Ses deux équipiers font une série de passes plutôt impressionnante, que même Oban a du mal à suivre, jusqu'à ce que le garçon se soit assez approché des buts. Moore effectue alors une de ses fameuses transmissions à rebonds, presque impossible à suivre. Oban y parvient, pourtant, et tend le bras pour attraper la balle et enchaîner pour marquer.

Il sent alors un souffle sur sa joue suivi d'un claquement, et aperçoit brièvement un long tentacule fin comme un doigt qui a jailli de l'épaule de Cletus. Long de quinze mètres, il a intercepté la balle et l'a enserrée comme dans une pelote de laine. Le temps qu'il cligne des yeux et il y a un autre claquement quand la balle est plaquée dans la main de son adversaire, qui n'a pas bougé de son but. Par tous les Saints ! C'est à peine si il a eu le temps de voir quelque chose !


Je t'avais prévenu.

Et Cletus s'élance, alors qu'une demi-douzaine de nouveaux tentacules apparaissent si vite qu'ils est impossible de les suivre des yeux. Ils s'arriment aux balises proches et propulsent Cletus vers l'avant comme un boulet de canon !

Oban écarquille les yeux, mais s'il perd en assurance, il ne s'avoue pas encore perdu. Il arrime son grappin gauche au côté de la boule flottante, et fait vibrer ses pieds : c'est l'heure du test. Il se met à glisser sur la paroi extérieure et se happe à une autre prise plus lointaine avec son grappin droit. Il prend en vitesse et espère que ça suffira pour glisser assez vite de l'autre côté de la boule centrale et intercepter Cletus...


Pendant qu'Ellis s'est jeté en arrière pour aller défendre, Moore tente un catch, mais un des tentacules de Cletus s'enroule en spirale et le repousse comme le ferait un ressort en une fraction de seconde. Oban atteint la paroi et commence à prendre de la vitesse, mais comprend que c'est peine perdue : Il doit pouvoir accélérer suffisamment pour aller plus vite que Cletus, mais son adversaire a de l'avance et est déjà dans l'autre moitié de terrain. De plus, il voyage en ligne droite, lui.

Cletus écarte Ellis de son chemin sans dévier ni ralentir et de là où il est, Oban ne peut pas faire grand chose si ce n'est le regarder traverser l'en-but.

Le tout n'a pris qu'une poignée de secondes. Oban est encore en train de glisser quand il réalise qu'ils viennent de prendre un but.


Oh, Frell... Eh beh, je croyais que tu frimais, mais... Bien joué. Ca m'épate que tu sois là alors que tu maîtrises si bien le truc. Il réagit aussi à tes émotions, j'imagine ?

Au début, c'était le cas, oui... Jusqu'à ce que Epsylom comprenne que tout ce truc de "maîtrise des émotions" c'était de la merde, et qu'en fait je devais le dresser comme un chien. Maintenant que je l'ai bien entraîné, il n'attaque plus sans ordre, et pour jouer je n'ai qu'à penser "attrape" ou "rapporte". Enfin, ce genre de trucs, quoi.

En tous cas, c'était impressionnant. On la refait ? A toi la balle.

Bon. Il a moyen de se propulser, je m'y attendais pas. Mais maintenant, si. Il est rapide, mais je ne savais pas à quel point. Maintenant, si. Mais moi aussi je peux surprendre. Et puis je peux même perdre pendant longtemps, ça reste un bon challenge.

Ils refont leurs équipes, et Oban choisit des joueurs plus adaptés pour contrer les capacités de Cletus. Après quelques essais, ils parviennent à rendre les choses plus intéressantes, mais uniquement parce que le goal de "Orson" est vraiment large et précis...


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MessageSujet: Re: Isolation   Mer 19 Oct - 19:35

Après plusieurs échanges, on arrête le simulateur et Oban invite Cletus à se remplir la panse, et boire un verre. Comme il mange pour deux, c'est assez impressionnant et Cletus semble regretter le manque de viande et de graisses. La discussion est forcément orientée sur le symbiote au départ : est-il à l'aise sous l'eau, est-ce qu'il est parfois contraignant, ce genre de choses. Mais comme le sujet semble tout de même sensible, Oban finit par en changer. Mais avant ça, il laisse Cletus avaler et se règle sur son rythme cardiaque.

Au fait, Cletus, c'est qui Epsylom ?

Epsylom ? Oh, juste le plus vieux résident de cet endroit. Il est là depuis si longtemps qu'il fait partie des meubles, ou presque.

Ceci dit, on n'a pas à s'en plaindre. Ses conseils ont aidé plus d'isolés que tout le reste de ce "programme" dit Clétus en écartant les bras. C'est grâce à lui que j'ai l'espoir de sortir bientôt, en fait.

Pourquoi, avant tu désespérais pour quelle raison ?

A ton avis ? Parce que je ne faisais aucun réel progrès. Mais c'est fini, maintenant.

J'avoue que je ne comprends pas.

Et c'est vrai ; Oban sait ce que c'est qu'admirer quelqu'un, d'être dépendant. Mais ces gars-là ont l'air de vouer un culte de la personnalité, pas juste d'être reconnaissants. Et ça, ce n'est jamais bon signe.

Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?

Bah tu me dis que maintenant tu fais des progrès, mais pas avant, et que ce qui a changé entre deux c'est que ce... type, Epsylom, t'a juste parlé. Il a pu dire quoi qui t'aie changé à ce point ? C'est son pouvoir de persuader les gens ?

Haha ! Mais non ! C'est juste qu'il a cerné mon problème, lui. Il a compris que ça ne venait pas de moi, mais que ma méthode n'étais pas la bonne. Ecoute, il a vu passer tellement d'isolés depuis qu'il est là qu'il comprend nos problèmes mieux que quiconque. Tous ceux qui ont écouté ses conseils ont acquis un niveau de maîtrise sur leurs capacités qu'ils n'osaient espérer.

Tu devrais peut-être aller lui causer, d'ailleurs.

Et pourquoi il est encore enfermé, lui ? Je veux dire, s'il a compris ce qu'il faut faire, ça doit vouloir dire qu'il en est incapable pour lui-même ou... Qu'il veut rester là.

Oh, il fait partie des cas pour lesquels il n'y a aucun espoir d'amélioration. D'ordinaire on leur propose d'autres solutions, ailleurs, mais lui n'a pas l'air de vouloir partir.

Ouais, ça ferait pas de mal, de toutes façons. J'ai fini de copier tes archétypes et tes arènes. Merci, en tous cas. Je vais pas m'ennuyer, pour sur.


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MessageSujet: Re: Isolation   Ven 21 Oct - 17:40

Oban s'amuse ensuite à lancer un match de Grav'Ball improbable constitué des meilleurs éléments de la sélection, en se basant sur leurs statistiques chiffrées. Et puis il entreprend de laisser l'IA gérer le match tandis qu'il parachève son IA personnelle. Il la nomme yapay zeka, car cela signifie "intelligence artificielle" en Turc, et puis choisit de réduire ça à Zeka.

Quand il réalise qu'il ne l'aura pas finie avant quelques jours, quels que soient ses efforts pour aller plus vite, il pose tout ça et met le match en pause : il vient de voir un mouvement de groupe dans son équipe B qui serait une bonne stratégie contre un type comme Cletus.

Il va boire de l'eau, et prend la tablette. Il tente de créer une sauvegarde de tous les fichiers relatifs à son "habitation". Il remonte dans les dossiers et tente de trouver celui qui correspond à sa maison. Une fois cela fait, il devrait pouvoir trouver une adresse similaire listant celles des autres. Il aimerait bien voir s'il peut y accéder... Si Justin peut craquer les codes sources de l'Analyste, il ferait probablement des ravages, d'ici. Dans un univers virtuel, le code, c'est la vie.

Oban sait bien qu'il se heurtera probablement à un mur, mais au moins il saura où est ce mur et quelle est sa résistance...


Demain, il appellera la psy. Il faudrait que quelqu'un, qui que ce soit, lui dise au moins ce qu'on attend de lui. S'ils restent évasifs à toutes ses questions, ça cache quelque chose, forcément. En fait, plus le temps passe et plus l'enfant doute. Qui est la personne bien intentionnée ? Ceux qui incarnent l'ordre extrème ou le chaos ? L'institut ou les révolutionnaires ?

Oban décide que par défaut, ils doivent tous être considérés comme des ennemis. A qui il doit sourire et montrer son meilleur jour. Des faux-culs, en somme.

Il s'endort sur un pouf confortable, avec la tablette dans la main et le match d'IA qui continue à l'infini...
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MessageSujet: Re: Isolation   Lun 24 Oct - 18:34

Le matin du lendemain ressemble à celui du jour précédent. Anne Adley arrive peut de temps après le petit déjeuner d'Oban. Comme elle l'avait dit, elle continue de frapper à sa porte et attend qu'il l'y invite avant d'entrer.

Bonjour, Orson. Bien dormi ?


Je suis reposé. Et vous ?

Oban accompagne ses paroles d'un geste de la main invitant à prendre place à la table. Et s'assied en face d'elle.

Très bien, merci, dit-elle en s'asseyant elle aussi.

Alors, comment s'est passé ta journée d'hier ? Tu t'es bien entendu avec les autres ?


Une fois trouvés nos points communs, oui. On sent que certains ont été stigmatisés, mais j'ai l'habitude de la différence, donc leurs apparences ou leurs caractères ne me gènent pas. J'aurais cru avoir du mal avec Cletus, mais il s'avère qu'on s'entend bien, vous n'ignorez pas qu'il est passé ici.

Ils sont un peu étranges, mais ils restent humains... Je me demande ce que tu attends de moi, Madame la psy.

Non, je l'ignorais. Vous n'êtes pas sous surveillance constante, tu sais ? La système du Centre ne nous envoie des alertes que si il y a une perte de contrôle sérieuse ou si vos constantes vitales indiquent que vous courez un danger. Garantir votre vie privée est un paramètre essentiel.

Okay, okay. Bref, alors, je peux sortir quand ? Et que dois-je faire pour vous convaincre que je n'ai pas ma place ici ? Parce que bon, j'aime beaucoup vos installations, mais une cage dorée reste une cage et je ne suis pas un animal. Surtout pas un animal dangereux.

Et personne ne me dit rien, on ne répond pas à mes questions, et il y a toujours ce souci de crédibilité à cause de mon apparence... Ca devient pénible, maintenant. Vous disiez que vous feriez de votre mieux pour "m'aider", mais on a clairement pas la même définition de l'aide, et encore moins de mes besoins. Ou de mes droits, mais gardons ça pour plus tard.

D'accord, d'accord. Tu veux que je réponde à tes questions ? Je t'ai dit que je le ferai et jusque là je l'ai fait, alors je vais continuer... Mais une chose à la fois, d'accord ?

Bon, tu veux savoir quand tu pourras sortir ? Je comprends, c'est normal. Eh bien il y aura des tests à passer, et si en effet tu contrôle parfaitement tes pouvoirs et que tu n'es dangereux ni pour autrui ni pour toi même, tu seras dehors d'ici... Allez, disons huit à dix semaines si tout se passe bien.

COMBIEN ?

Par contre, excuse-moi, mais je ne comprends pas quelque chose : Tu dis que tu souffres d'un manque de crédibilité à cause de ton apparence, mais... Ton apparence est tout à fait normale, non ?

Non mais on s'en fout, vous avez dit combien de temps ?

Huit semaines, mais ne...

Je veux parler à Madelyne Williams tout de suite. Je ne dirai plus rien tant qu'elle n'aura pas été contactée. J'arrête de manger et de boire s'il le faut. Bonne journée.

Orson... Tu n'obtiendras rien avec du chantage, tu sais ? Miss Williams a toujours du temps pour ses élèves. Je veux bien lui demander de venir te voir, mais seulement si tu promets de t'alimenter correctement et de prendre soin de toi, d'accord ?

J'en ai pas après vous... Mais Williams a mal agi. Elle a menti, et c'est dégueulasse. Elle veut juste m'écarter, et il faut que je le lui dise, parce qu'elle fait une erreur. Me mettre ici, avec vous... C'est quoi, un test ? Elle sait très bien que je ne peux pas vous dire la vérité, et si je le fais, eh bien c'est simple, elle m'a déclaré mythomane pour me piéger plus longtemps. Elle met en doute ma dignité, ma fiabilité, et elle prend des risques inconsidérés pour rien.

Et le coup de simuler mon pouvoir avec le sien ? Rha, la salope, putain de sa race... Ce que je rêverais de dire ça.
Mais vous voudriez bien lui dire que c'est bon, j'ai compris la leçon ? Juste ça... Cette phrase. "Il dit qu'il a compris la leçon".

Si tu veux. Tu es vraiment étrange, aujourd'hui, Orson.

Souvent, quand on ne comprend pas quelqu'un, on ne comprend en fait pas la situation. Je ne suis pas plus étrange aujourd'hui qu'hier. Je trouve ça clair et cohérent avec tout ce que je vous ai dit : je ne devrais pas être ici, et si j'y suis c'est pour une raison déplacée. Vous trouvez que j'ai l'air d'un mythomane ?

Un petit con, sûrement. Rustre. Grossier. Impulsif. Tout ça, d'accord. Je ne le prendrais pas bien si on me le met sous le nez, mais je sais bien que c'est vrai. Mais je ne mens pas. Je ne tue pas. Mes pouvoirs sont sous contrôle. J'ai juste mal parlé à un vieux con pédant, c'est tout.

Demandez-vous ça : Quelle est la raison qu'elle a invoquée en m'envoyant ici ? Est-ce vraiment une bonne raison ? Y a-t-il eu des blessés, des dégâts matériels ? Qu'ont fait les autres pour se retrouver isolés, en comparaison ? Est-ce que je montre des signes de mythomanie ? De paranoïa, oui, ça je veux bien, la situation y est propice. Je... Je perds mon temps, je crois.

Enfin bref. L'isolement ne va pas m'aider, ça va me rendre fou. C'est bizarre, votre façon de traiter ces gosses.

On ne force pas ceux qui ne le supportent pas à rester ici, tu sais ? Il y a d'autres options, ailleurs. Mais ça ne te concerne pas vraiment, puisque tu penses sortir assez vite.

Bon, je ne crois pas que ce soit un bon jour pour continuer ton évaluation. Nous pourrons reprendre quand tu auras parlé à Miss Williams, d'accord ?


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MessageSujet: Re: Isolation   Sam 29 Oct - 11:32

Adley s'en va, laissant Oban a ses occupations. Toutefois, il apparaît assez vite qu'elle a tenu parole : L'après-midi du même jour, le jeune garçon peut sentir la Source de la directrice lorsqu'elle arrive dans le complexe d'isolation. Quelques minutes plus tard, elle frappe à sa porte. Comme tous ses visiteurs, elle n'est venue qu'en version virtuelle, car sa Source reste éloignée de près de deux cents mètres.

Une fois qu'Oban a dit d'entrer, elle pénètre dans son logement et referme derrière elle.


Bonjour, Oban. Tu as demandé à me parler, alors me voilà.

Elle a l'air plutôt calme et lui parle gentiment, cette fois.

Vous avez eu mon message ? Ou vous voulez que je le répète...

Celui qui disait que tu avais compris la leçon ? Oui, je l'ai eu.

Et vous ne seriez pas là si vous n'envisagiez pas la chose, hein ?

Évidemment, tu comprendras qu'il va falloir me convaincre.

Eh bien, j'ai compris. Vous avez l'ascendant, vous pouvez me faire rester ici au minimum pendant plus de temps qu'il n'en faut pour que, euh... Pour que ça détonne. Et que je ne puisse rien faire pour l'empêcher. Huit semaines. On sait tous les deux quel est mon objectif, la raison de ma présence ici, et donc vous ne pensez pas sérieusement m'y laisser.

Est-ce qu'on peut écourter ça du coup, s'il vous plaît ?

J'ai bien compris, je ne saisis pas bien  les relations entre humains. Et je jure. Mais c'est normal, pour moi, c'est comme ça qu'on vit dans l'espace sélucéen. Mais je peux apprendre à faire autrement, mais j'ai essayé d'aider, et il... il... Oban sent bien qu'il s'enfonce, et rougis un peu. Comme d'habitude, il campe sur ses positions mais sent qu'il devrait agir autrement.  

En fait je crois que je ne comprends pas bien ce qu'on me reproche, mademoiselle, mais la leçon, je l'ai comprise. Les sanglots commencent à monter. C'est la première fois qu'Oban est mis à l'écart des choses... De toute sa vie ! Il n'avait déjà pas vraiment de facilités à être traité en enfant par les adolescents de son équipage, mais être mis à l'écart est une humiliation nouvelle. Les larmes lui montent aux yeux, et il tente de contenir son souffle, mais sans succès. Je veux aider Jarod et Luna, s'il vous plaît...

Oban... dit-elle l'air désolée.

Elle s'approche et lui pose la main sur l'épaule.

Ecoute, je crois que tu es sincère... et je n'ai jamais douté que tu veuilles aider, tu sais ?

Bon, allez, calme-toi et assied toi une minute. On va parler.

Une fois qu'ils sont assis tous les deux, elle reprend.

Bon, je vais être honnête avec toi. D'abord, je te dois des excuses. Ma façon de te piéger pour t'envoyer ici... Eh bien je n'en suis pas très fière. Tu dois m'en vouloir, et c'est normal.

Pourtant, pour parler franchement, si la situation se représentait, je referais exactement la même chose. Pourquoi, à ton avis ?

Parce que Freeman fait... partie de votre équipe ?

Non, rien à voir avec Mr Freeman. Et ce n'est pas non plus parce que tu l'as insulté ou que tu t'es mal comporté. D'autres élèves l'ont fait avant toi et aucun n'a fini ici pour autant.

Ecoute, si tu veux que je t'offre une chance de sortir d'ici et de revenir nous aider, il faut que je saches que tu as vraiment compris, alors essaie encore.

Mais la seule différence entre moi et les autres élèves, c'est d'où je viens. Et l'incident n'avait rien à voir avec ça. Le problème n'était pas temporel , mais scolaire, non ? demande l'enfant, en fronçant les sourcils.

Elle soupire.

Tu ne réalises vraiment pas ou est mon problème avec toi, pas vrai ? Bon, je vais te laisser un peu de temps pour réfléchir. Repenses à tout ce qui s'est passé et essaie de voir les choses de mon point de vue. Nous en reparlerons dans quelques jours, quand tu auras médité tout ça.

Elle fait mine de se lever, mais s'arrête avant de partir.

Oh, il y a quand même quelque chose que je dois te demander. Sur l'historique du bracelet que t'as donné le professeur Brown, il y a un pic important de variation temporelle ce vendredi, un peu après midi. Tu saurais me dire ce qui a provoqué ça ?

Oui, bien sur. J'ai discuté avec Jarod autour d'un bras de fer. Je lui ai dit pourquoi j'étais là. Il a toutes les cartes en mains. C'est ça qui vous a fait peur ?

Oh, Oban... Et tu te demandes vraiment pourquoi je t'ai mis en isolation ?

Nous décidons d'attendre pour mettre Jarod dans la confidence, et toi tu décides de le faire quand même, contre l'avis général, sans rien dire à personne... Et tu ne nous en informes même pas après ?!?
Comment veux-tu que nous ayons la moindre confiance en toi, bon sang ?

Contre  l'avis général ? Mais pas du tout ! Votre scientifique nous a demandé de faire des tests pour en savoir plus, nous on doit sauver Jarod, alors j'ai fait d'une pierre deux coups. Personne ne m'a dit de ne pas le faire, et personne ici n'a les compétences pour décider de ce qui est faisable ou pas, si je ne m'abuse. Vous vous posez en spécialiste d'un truc qui nous dépasse tous. Et j'allais informer le docteur, mais je n'ai pas eu le temps.

Et puis merde, quoi, je suis pas directeur d'école, moi, je suis agent secret temporel, d'accord ? J'improvise parce qu'on est dans un cas de figure ou de toutes manières, tout le monde improvise ! Vous vous trouvez digne de confiance, vous ? Regardez où vous mettez vos alliés !

Laissez-moi vous dire une bonne chose sur Oban Cross. C'est un type qui fait toujours en sorte de diffuser les conflits sans qu'il n'y ait de morts. Et si ses camarades militaires le charrient autant sur le thème de "il fait toujours capoter les plans", c'est surtout que ces plans sont toujours agressifs et meurtriers. Oui, j'ai essayé de sauver un équipage entier en rendant son livre à un spectre. Et non, je n'ai pas honte. Non, je ne regrette pas mes choix.

Et oui, à nouveau, j'essaie de sauver tout le monde. Et pas d'en sacrifier un pour sauver un plus grand nombre, pas tant qu'il reste un espoir que tout le monde survive.

Oban, bon sang, tu ne me facilites pas la tâche ! Tu connais l'expression "L'enfer est pavé de bonnes intentions" ? Si ce n'est pas le cas, tu chercheras.

Puisque tu n'as pas l'avoir de vouloir ou juste de pouvoir comprendre, je vais te donner mon point de vue.

D'abord, nous avions bien parlé de ce qu'il convenait de faire avec Jarod avec tes compagnons. Je sais que tu avais exprimé ton désaccord, mais nous avions malgré tout décidé qu'il était trop tôt pour le mettre dans la confidence, tout simplement parce que si il n'avait pas encore découvert ce qui allait le faire tuer, lui donner trop d'informations maintenant risquait de lui faire rater un point essentiel plus tard. Il était toujours temps de le prévenir et de le mettre en sécurité avant qu'il ne soit trop tard, parce que je compte pas non plus le sacrifier, vois-tu. Alors oui, tu lui as parlé contre l'avis général, et invoquer ce qu'a pu dire Brown au sujet de tests pour te justifier est au mieux un sophisme.

Ensuite, si ton intention était de parler à Jarod malgré tout, il fallait le dire tout de suite. Tu ne peux pas laisser le groupe décider d'une stratégie, laisser croire que tu vas t'y tenir, et ensuite faire l'inverse dans le dos des autres. D'après ce qu'ils m'ont dit, cela vaut aussi pour ce qui s'est passé sur la Marjorie-Céleste, soit dit en passant. Et enfin, une fois que c'était fait, pour le meilleur ou pour le pire, il fallait nous prévenir tout de suite. Pas Brown, nous. Et tu as totalement eu le temps de le faire, puisque je ne t'ai envoyé ici que le lendemain. Cela me laisse croire que tu n'avais tout simplement pas l'intention de nous mettre au courant.

Alors honnêtement, je ne sais plus quoi penser. Je ne sais pas si tu es juste de mauvaise foi ou si tu as réussi à te convaincre toi-même. Le fait est la situation face à laquelle nous sommes requiert du doigté et de la planification, et que nous devons agir de façon raisonnable et coordonnée, or tu en sembles incapable.

Je ne t'en blâme pas vraiment, en fait. C'est de ma faute : Mon moi futur n'aurait pas dû mettre un jeune de ton âge dans cette situation. C'est tout simplement trop de pression. Mais je dois corriger mes fautes, et tu viens de me démontrer pour la seconde fois que tu n'apprends pas de tes erreurs et que te laisser agir à ta guise ce serait comme lâcher un éléphant dans un magasin de porcelaine. J'aurais préféré que nous puissions utiliser ton aide, mais si je pèse le pour et le contre, c'est un risque que je ne peux pas prendre pour l'instant, malgré mon envie de te laisser sortir d'ici.

Si ça vous permet de dormir la nuit, de vous dire ça... Que tout le monde meure ou pas, je vais sortir d'ici un jour. Vous avez vraiment intérêt à avoir raison. Parce que c'est vous qui prenez les décisions stupides, ici. C'est vous qui ne voyez pas les conséquences qui sont juste sous votre nez.

Peut-être, qui sait ? Je ne prédis pas l'avenir. Si ça se trouve, le fait que tu ais parlé à Jarod amènera un bien et peut-être même que te laisser sortir serait une meilleure option. Mais justement, je ne suis pas voyante, alors je suis obligée de m'en tenir aux décisions qui paraissent raisonnables... Et ce n'est pas de te faire confiance.

Ton indépendance forcenée te servira peut-être un jour, Oban, mais aujourd'hui ce n'est pas ce dont nous avons besoin.

C'est ça, ouais.

Au revoir. Je reviendrai te voir la semaine prochaine.


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MessageSujet: Re: Isolation   Mer 2 Nov - 0:43

Une fois Madelyne Williams partie, Oban suit sa source pour savoir où il se trouve par rapport à la sortie. Il la sent se mouvoir et s'éloigner, ce qui signifie qu'il a une idée d'où se trouve la sortie. Il faut aussi qu'il sache quand elle part, si elle disparait un instant, ou non.

C'est décidé, Oban s'échappera. Il désactive tous les modules, et tente de désactiver la maison elle-même. Son logement revient donc à l'état dans lequel il l'a trouvé en arrivant.

Il se met à retourner le sol pour voir ce qu'on trouve dessous. Personne n'explique comment ces holo fonctionnent, mais ils ont soit une technologie psychique, soit des projecteurs. Il pousse les meubles, soulève facilement les lattes du plancher qui sont juste clipsées, et arrive rapidement sur le sol de la chambre virtuelle. Celui-ci est fait de la même manière que les parois des chambres d'entraînement qu'il a vu à l'extérieur : Une espèce de plastacier gris et alvéolé comme il n'en avait jamais vu avant.


Puisqu'il lui est impossible d'y faire ne serait-ce qu'une éraflure, il est encore en train d'essayer de sonder le sol par échographie sans grand succès quand sa tablette émet une sonnerie d'avertissement : C'est théoriquement l'heure de commencer les cours.

Super.

Oban remet tout à peu près en place sous le tapis ; le bureau est éloigné, de toutes façons. Il avait complètement oublié les cours. Tout cela semble superflu et hypocrite, maintenant. Mais qui sait, il a peut-être encore besoin d'Orson Cabs. Mais il n'y mettra pas de motivation.

Il est supposé commencer par un cours de physique, puis de langue. Il découvre qu'il peut prendre un cours uniquement sur écran, ou faire apparaître un professeur virtuel si il le désire. Vu son état, Oban décide de réviser seul, et avance rapidement sur la plupart des sujets, mais se laisse aller sur ses recherches en sciences physiques : après quelques devoirs, il a tendance à élaborer sa connaissance des faits généraux des sciences, tables des éléments, composition de la matière et fréquences vibratoires. L'avantage ici est que l'environnement virtuel est idéal pour créer des tests en live pour les utilisations pratiques. Tests de ses capacités et expériences chimiques, sans les dangers habituels.

Un peu calmé, il repasse aux tests linguistiques, et lance une IA  professeur pour avoir un audio correct et discuter avec une interface ; il fait basculer l'interprète dans plusieurs langues à chaque exercice, parce que pourquoi pas ? Il apprend ainsi trois langues en parallèle, et améliore aussi son accent pour lui donner une touche plus académique et un accent classique.

Au final, il réalise qu'il a pris plus de emps qu'il ne l'aurait voulu, mais qu'importe.  


Pffff... En deux heures de temps j'ai chjangé d'avis au moins trente fois. Faisons le point.

Williams est une connasse. Ca, c'est établi. Mais pourquoi ? Sa raison est absurde, et il n'y pas de quoi me mettre ici.

Soit elle a un plan pas plus amusant que la bombe pour cette école, soit elle a peur de nous. De moi. Mais c'est ridicule, personne n'a peur de moi. Actuellement, elle a tous les éléments en main pour gérer le problème sans nous. Est-ce qu'elle compte se débarasser des autres, aussi ? Ce serait pas bien difficile de le faire pendant les épreuves. Et pourquoi ? On verra. Mais quoi qu'il en soit, je peux pas rester au chaud à étudier sans avoir un moyen de sortir en parallèle. Si je ne fais pas leur jeu avec les cours, je me fais griller en deux secondes. J'imagine que je vais continuer à jouer le gentil Orson Cabs.

Alors... Comment ça marche cet endroit...


Il reprend ses travaux Mais commence à s'interroger sur la nature même de la salle ; Cette technologie le dépasse encore, si c'en est réellement. Il commence à se demander si ça ne pourrait pas être le pouvoir de quelqu'un.

Mais... se dit-il au bout d'un moment, les salles virtuelles cela existe ailleurs qu'ici, dans l'espace terran mais aussi dans le Noyau... Ce qui signifie qu'il doit y avoir de la documentation en ligne ! Quelques recherches plus tard, il a tous les renseignements qu'il désire sur les technologies virtuelles. La plupart des effets visuels sont holographiques, et les effets physiques sont à base de champs de force et gravitationnels, ou pour les versions les plus avancées de "Lumière solide". Toutefois, la science impliquée dans ce dernier cas le dépasse complètement.
Les effets psychiques que les salles de l'Institut peuvent reproduire doivent être générés par des installations à base de cristaux psy, et pour ce qui est des effets mystiques... Là, par contre, il ne trouve pas de documentation particulière. Il faut dire que la plupart du temps les salles virtuelles sont utilisées à but récréatif ou pour l’entraînement, mais pas pour l'éducation des pratiquants des arts mystiques. Celles de St-Charles doivent être assez uniques de ce côté.

Bon, en même temps ils peuvent être "magiques", il y aura toujousr eu quelqu'un avant eux dans l'univers. Je trouverai un moyen. Et puis j'ai des sens qui ne sont ni psychiques ni physiques. Et je sais déjà quelle fréquence détruit les cristaux psy. Je n'aurai qu'à... Attends.

Juste pour voir, Oban fait vibrer tout son corps sur la fréquence qu'il avait utilisée pour déstabiliser la structure du cristal psy, dans la prison de Rackham. Comme il s'en doutait, les parois sont faites pour absorber à peu près tout ce qui risquerait d'endommager les machineries qui se trouvent derrière. Mais au moins, sa théorie selon laquelle il serait en fait immobile dans une simulation psychique semble fausse, vu que sinon, les cristaux psy auraient éclaté.

Oban pense continuer de fouiller le sol, mais réalise qu'il peut sortir, et que laisser les systèmes principaux dans un des logements est plus qu'improbable. Il est temps d'aller faire un tour "dehors". En sortant, il y a les images des logements des autres. Il sait parce qu'ils le lui ont dit que les jumelles vivent dans la maison aux volets roses avec un petit jardin, que Cletus habite dans l'espèce de petite tour qui ressemble à un phare et que Tamara a pour logement l'espèce de dôme de verre. Il ne sait pas encore à qui sont les autres maisons, y compris le grand cube de pierre sans fenêtres.

Oban ferme les yeux et se rabat sur ses autres sens. D'où vient l'énergie colossale requise pour faire fonctionner tout ce bazar, se demande-t-il. Il ne sait pas comment croire ses yeux, alors il sent les énergies, et tente de suivre la piste la plus forte.


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MessageSujet: Re: Isolation   Dim 6 Nov - 14:48

Tout en marchant dans l'herbe sous le soleil virtuel qui éclaire la plaine, Oban mobilise ses sens. Il tente de ressentir les flux d'énergie. Au bout d'un moment, il commence à les sentir, qui courent sous ses pieds, et tout autour de lui. Il doit y avoir des générateurs qui alimentent l'endroit, mais ils doivent être un peu trop loin de lui pour qu'il les localise avec précision.

Soudain, il perçoit autre chose. Le temps qu'il se concentre dessus, cela a disparu, mais... Pendant une seconde, il est certain d'avoir senti une Source, une qu'il ne connaît pas. Elle était proche, pourtant... Assez proche pour être dans le complexe d'isolation avec lui.

Le cube de pierre... La seule habitation isolée de tout ; ça ressemble bien à un type qui ne voudrait pas qu'on le dérange, donc l'endroit où se trouve probablement le fameux Epsylom. Oban s'y dirige. Les câbles attendront. Une fois arrivé devant le bâtiment, il réalise que l'autre doit savoir qu'il est là... Et qu'il doit savoir cacher sa source.



'Faut vraiment que j'apprenne ce truc de cacher ses énergies. Bon, comment je me présente ? Faisons-le façon couillue, tiens.

Oban Fait vibrer sa main et toque trois fois, lâchant à chaque petit coup d'index sur la pierre des ondes, censées se propager pour créer un son à l'ntéreur ; à priori, le métal dans la pièce devrait aussi résonner. Puis il remet ses vêtements en ordre. Ca faisait vraiment longtemps qu'il n'avait pas tenu ses vêtements aussi présentables.

Il n'attend pas longtemps avant que le mur de pierre devant lui présente une fissure nette et verticale, qui s'élargit jusqu'à former une porte. L'intérieur est éclairé et ne présente ni couloir, ni portes ni pièces. Il n'y a qu'un seul grand espace cubique sans aucune décoration. Au centre, lui tournant le dos, se trouve un homme qui se tient face à plusieurs dizaines d'holo-écrans. Sur ces derniers il voit des tas d'images venant principalement de chaînes d'informations, mais aussi de recherches sur l'hypernet.

L'homme en question est de haute taille, de stature assez large, et porte un vêtement de toile à capuche ressemblant vaguement à une bure.


Entre, jeune homme, dit-il d'une voix profonde qui fait écho dans la pièce.

Oban pénètre dans la pièce, en tentant de trouver un lien entre les diférents écrans.


Salutation, Epsylom, il était temps que nous nous rencontrions.

Tu dis vrai. Salutations à toi aussi, Orson Cabs.

Okay. pas un télépathe, donc. C'est bien.

Il fait un geste de la main et les holo-écrans disparaissent. Avant qu'ils ne s'éteignent, Oban a pu voir qu'il affichaient des choses très diverses : News politiques ou économiques, traités scientifiques sur les gisements de cristaux psy aussi bien que sur les derniers progrès de la médecine ou en astrophysique, bulletins d'informations du Sélénium ou d'autres consortium, etc.

Approche, je t'en prie.

Sous sa bure, son aspect de mutant est plutôt étrange : Il a la peau blanche striée de quelques rayures et aucune pilosité visible. Impossible de lui donner un âge précis, mais ce n'est plus un jeune homme.

Oban approche et se pose en tailleur.


Alors comme ça, tu préfères rester ici. Ce n'est clairement pas une question, et quelque chose dans le ton d'Oban laisse entendre son désaccord.

Pour le moment, oui. Je suis exactement où je veux et où je dois être.

Ce n'est évidemment pas ton cas.

On peut coire qu'on est où on doit être parce que c'est ce qu'on veut, et se tromper. Moi ? Je préférerais être ailleurs, mais je suis peut-être exactement là où je dois être.

Et tu sais ça comment ?

Disons que j'ai vu passer assez de jeunes gens dans cet endroit pour dire quand ils auraient préféré ne pas se trouver ici.

Alors, que puis-je pour toi, jeune homme ?

J'aimerais connaître ton plan, pour pouvoir me décider.

Il a un sourire amusé.

Ha ! Tu commences toutes tes conversations de cette façon ?

Ecoute, on a beau avoir une longue espérance de vie, je ne vois pas pourquoi on perdrait notre temps. Il est clair que tu peux sortir quand tu veux. Mais tu attends le bon moment. Pour quoi faire ?

J'attends parce que ce n'est pas encore le bon moment et que j'ai encore à faire ici. Et tu veux connaître mon objectif ? Assurer un avenir à l'humanité.

Et toi, jeune homme ? Quel est ton but dans la vie ?

J'imagine que c'est le même. Mais c'est un fardeau qui m'a été imposé par d'autres. A plusieurs reprises. J'ai beau essayer de le faire correctement, ça se finit souvent dans la violence. Mais je refuse de croire que ce soit inévitable.

Cela ne l'est pas toujours, mais nous vivons dans un monde violent et parfois cette solution te seras imposée. Mais la violence n'est qu'un outil parmi d'autres pour atteindre tes objectifs. Le tout est de savoir quand utiliser quel outil et de tous les maîtriser. Celui qui ne sait utiliser que la force n'accomplira jamais rien de grand.

Mais je t'ai demandé quel était TON objectif dans la vie. Si celui-là t'a été imposé par d'autres, ce n'est pas ton but véritable.

Il se penche légèrement vers Oban, l'air grave.

Sais-tu seulement ce que tu veux vraiment accomplir dans cette existence ? Ce que tu veux faire de ta vie ?

Je veux être heureux, comme tout le monde. Mais y'a du boulot pour y arriver. Des gens à arrêter. Des trafiquants d'hommes à mettre derrière les barreaux. des talents à développer. Des conflits à désamorcer. Des gens à rencontrer, à sauver, à persuader, à aider...

Et euh... pourquoi tu penses que l'humanité n'a pas d'avenir ?

Oh, elle A un avenir, un avenir grandiose en fait... Mais qui n'est pour l'instant qu'un potentiel à réaliser. Cela va demander beaucoup d'efforts et de sacrifices, mais je crois sincèrement que nous pouvons devenir quelque chose de plus grand que ce que l'univers a jamais vu.

Et ce que tu me dis à l'instant me laisse à penser que tu veux toi aussi y jouer un rôle. Je peux t'y aider, si tu le désires.

Beaucoup de sacrifices, hein ? Comme faire péter une bombe ? Ou comme un saint homme ? Va falloir que je te sonde en profondeur, toi... Ça sonne bien, mais comment ?

C'est à toi de me le dire, mais pour cela, il faut que tu saches qui tu es et ce que tu veux exactement.

Si tu devais formuler un souhait, là, maintenant, quel serait-il ?

Oban ne cille pas, et continue de fixer les yeux de son interlocuteur. Il semble n'avoir même pas réfléchi, et c'est en effet le cas...

Je voudrais tout savoir.

La connaissance ? Bien. Bon début.

Et par où voudrais-tu commencer ? Cette fois, Oban ne peut s'empêcher de regarder de côté, et de vraiment réfléchir. Peu de temps, mais tout de même.

J'ai déjà commencé, comme tout le monde... Je voudrais connaître nos origines. Pas les histoires qu'on raconte, mais les vraies origines. Savoir pourquoi on existe. Je refuse de croire que ce soit le fruit du hasard.


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MessageSujet: Re: Isolation   Mar 8 Nov - 20:14

Je ne crois pas non plus au hasard.

Après, tout dépend qui est "nous" dans ta question. Toi et moi, les méta-humains, l'humanité, la vie en général ? A part dans le dernier cas, je peut te donner quelques réponses, mais pour ce qui est de la vie tout court, cela touche davantage à la métaphysique.

Je parlais de l'humanité et de ses défenseurs. Mais si tu peux répondre au sujet de toi et moi... Je serais curieux d'entendre ça.

Toi et moi ou les défenseurs de l'humanité, la réponse est la même, car que nous le voulions ou non nous en faisons partie.

Toi, moi et nos semblables avons été faits tels que nous sommes pour nous opposer au destin. A la base, l'humanité n'est qu'une espèce parmi une infinité d'autres, vouée à s'éteindre tôt ou tard. Avec un peu de chance, elle pourrait laisser une trace durable, mais pas éternelle. Cependant, contrairement aux apparences, les humains ne sont pas comme les autres. Ils ont en eux le potentiel de changer l'avenir de toute la création, et nous le pouvoir de l'y aider.

Tu sais de quoi je parle, n'est-ce pas ?

Mais Oban ne veut pas admettre ses lacunes ni aborder de sujet xénophobe ici ici, alors il élude.

Mais sais-tu comment nous faisons ?

En nous opposant au Destin qui attend non seulement l'humanité mais aussi toute la Création. Cela s'appelle exercer son libre arbitre. Tous les être conscients peuvent le faire, mais certains ont plus d'influence que d'autres sur le cours des évènements. De plus, aller contre le Destin demande une bonne dose de volonté et présente certains risques.

As-tu déjà entendu parler de la Veille du Temps, jeune homme ?

En fait, oui. C'est supposément la force qui structure la quatrième dimension, prévient des changements drastiques dans le cours des événements, et tend à les rectifier si on joue à l'apprenti sorcier. Mais C'est juste une théorie, les voyages dans le temps, c'est de la science-fiction... Donc j'imagine que tu veux parler de ... destin ?

C'est bien cela. Le Destin, celui de l'humanité et du reste de l'univers, nous conduit vers une issue funeste. Changer cela revient à aller contre la veille du temps, à une échelle colossale. Aucun individu ne pourrait accomplir cela seul, mais chaque individu ayant un rôle à jouer est important.

Reste à savoir si tu veux mener une vie tranquille ou si tu veux en faire partie et mener une vie qui a un sens. Dans le premier cas, tu pourras peut-être être heureux un temps, mais le vide en toi te rattrapera tôt ou tard. Dans le second cas, tu connaîtra la souffrance, car l'univers te fera payer, mais la récompense sera sans pareille.

Et ... Ca fait une belle explication pour tout acte inhumain...qui t'a raconté tout ça... ?

L'univers lui-même, mon jeune ami. Lui et moi partageons une connexion très spéciale.

J'ai aussi un don pour voir les potentiels inexploités. C'est ce qui te rend si intéressant et ce en quoi je peux t'aider. Tu pourrais devenir une force avec laquelle il faut compter, si tu le veux vraiment.

Et si tu te trompes ? Si l'univers n'est pas à l'origine de tes euh... informations ? J'imagine qu'on te met peu en doute ici, mais... Disons que je doute beaucoup et souvent. Par contre, quand je suis certain d'une chose, c'est dur de me faire dévier, du coup. Alors tu as persuadé les autres ici, et je serais ravi de te croire mais... Mais c'est un peu trop ce que je voudrais entendre et pas assez matériel pour que je n'essaie pas de flairer l'arnaque. Ca ne va pas être simple. Heureusement, on a le temps.

Et il te faudra du temps pour évoluer, sois-en sûr.

Puisque je t'ai proposé mes conseils, laisse-moi tout de même t'en donner un. Avant tout, tu dois trouver ce que tu veux devenir et ce que tu veux accomplir. Ensuite, tu dois identifier les obstacles qui t'en empêchent, mais ne fais pas l'erreur de commencer par regarder autour de toi. C'est EN toi que tu dois chercher, dit-il en pointant le doigt vers la poitrine d'Oban. Quand tu sauras quelles sont tes limites et tes faiblesses, forge ta volonté et maîtrise les. Alors seulement tu seras maître de ton destin.

D'où la quête du savoir. Je ne peux pas prendre les bonnes décisions, pas sans savoir à quoi elles mènent. Par exemple, tu dis que l'avenir est sombre et quasi-inéluctable. Ce qui est très bien, ça veut dire qu'il y a de l'espoir. Et qu'on ne risque pas de s'ennuyer. Mais contre quoi est-ce qu'il faut lutter ?

Parce que c'est bien beau de se trouver soi-même, mais il faut aussi savoir identifier les enjeux, les ennemis, les personnes fiables, ce qui mérite d'être sauvé, et ce qui ne le mérite pas, alors...Quel est ce destin funeste dont tu parles ?

Pour l'humanité ? L'anéantissement à court terme, ce qui en temps cosmique équivaut à quelques milliers d'années, peut-être des dizaines de milliers. La Veille est en train de liguer de grandes forces contre l'Homme, de préparer sa destruction. Les effets ne sont encore guère visibles, mais les événements sont en marche. Quant à savoir qui seront les ennemis ou les alliés, d'où viendront les attaques, cela reste encore à voir. C'est pourquoi la meilleure chose que nous ayons à faire pour le moment est de nous préparer, de devenir plus forts, de communiquer cette force aux autres, et de guetter les signes précurseurs de la catastrophe pour mieux l'empêcher.

Et donc cette école est pour toi le terrain d'entraînement des forces qui sauveront l'humanité ? Ce serait catastrophique si elle était détruite...

Bien sûr. Cet endroit est primordial. La méta-humanité aura un rôle très important à jouer, un rôle central même, et cette école est le berceau de notre unité.

Pourquoi penses-tu que j'ai passé toutes ces années à guider et à aider ceux qui passaient par ici ? Parce que ce sont ceux qui en avaient le plus besoin, mais aussi parce que c'était ceux qui avaient le plus grand potentiel à réaliser. A chaque fois que l'un d'entre eux intègre le reste de l'école, il partage un peu de sa force nouvelle avec les autres. C'est pour cette raison que je te disais que j'étais exactement à ma place dans cet endroit.

Le coeur d'Oban se serre. L'événement à venir est bien pire qu'il n'y paraît, et quel que soit "l'ennemi" qui organise la fin de l'humanité - si on en croit cet illuminé - il serait donc derrière tout ça. Oban prend un temps pour encaisser les implications de ce qu'il a entendu, pour le comparer à ce qu'il sait. Il prend rapidement la décision d'enquêter plus loin, mais c'est clair pour lui désormais qu'il a bien agi avec Jarod, et qu'il devra peut-être recommencer. Il en parlera aux autres, quitte à être condamné à rester ici.

Son visage prend un pli inquiet, et il se passe la main dans les cheveux avant de demander :


Est-ce que tu voudrais bien m'expliquer comment fonctionnent tes dons ? C'est vraiment important. Je... Je ne sais pas bien si tu poses les bonnes questions à euh... à l'univers.

Je ne pose pas de questions. Je ne suis pas un oracle, je ne fais pas de prophéties et je n'explore pas les lignes temporelles.

Comme je te le disais, j'ai un don pour voir les potentiels inexploités : Quand je regarde quelqu'un ou quelque chose, j'ai la possibilité de savoir tout ce qu'il pourrait devenir. Plus la probabilité est forte, plus l'image est nette, mais avec de la patience je peux aussi voir les possibilités cachées.

C'est pourquoi je suis capable d'aider les jeunes gens comme toi, encore pleins de possibilités, à accomplir leur potentiel.

Mais dans ce cas, ma question reste sans réponse : comment sais-tu pour l'avenir de l'humanité ? Pour les forces liguées contre les humains, pour cet avenir dont tu parles ?

J'étudie l'humanité depuis longtemps. Je suis donc capable de voir les potentialités en ce qui la concerne. Toutes les potentialités, y compris celles vers lesquelles nous emmène la Veille du temps, et elle ne sont pas réjouissantes.

Et si je ne suis pas un oracle, il en existe beaucoup dans l'univers. Si tu passes suffisamment de temps à étudier leurs prédictions, si tu y consacre suffisamment d'attention, certaines choses deviennent claires.

Et forcément, tu dois t'attendre à ma question suivante... que vois-tu en me regardant ?

Oui, vous posez tous cette question, et comme aux autres, je n'y répondrai pas. J'ai plusieurs fois commis l'erreur de le faire il y a longtemps, et chaque fois cela n'a fait que restreindre les possibilités offertes.

Ce sera à toi de découvrir ce que tu veux et peux devenir, sans facilités ou raccourcis de ce genre.

Ca me va. Et quand tu vois Madelyne Williams ?

Je ne crois pas, jeune homme, que tu aimerais que je raconte à n'importe qui ce que je vois à ton sujet. J'en ferai donc de même pour les autres, y compris pour Madelyne Williams.

Mais dis-moi, pourquoi cet intérêt pour elle ?

J'ai des doutes sur sa capacité à gérer cette école. Je ne voudrais de son travail pour rien au monde, mais je sais quand quelqu'un est dépassé par les événements.

Par les saints, je ne sais même pas par où commencer. Les gens qui sont ici devraient avoir des soucis avec leurs pouvoirs, alors qu'est-ce que toi et moi faisons ici ? Je veux dire, tes dons ne semblent pas dangereux ou incontrôlés.

Ils ne le sont plus depuis longtemps, en effet, mais j'ai choisi de rester ici.

Vois-tu, j'ai été l'un des tous premiers pensionnaires de cet endroit. Lorsque l'Institut a été créé, ma famille a fait un don plus que conséquent. Encore aujourd'hui, la fortune dont j'ai hérité contribue à financer l'école et cet endroit. En échange, j'ai droit à certains privilèges, comme le droit de rester dans ce centre afin d'aider et de guider les jeunes gens qui en ont besoin.

Quant à Madelyne Williams, elle n'a peut-être pas les compétences idéales pour occuper sa place, mais quand il a fallu remplacer l'ancien directeur, elle était la meilleure option. De plus, elle a des relations indispensables à la bonne marche de St-Charles. Et enfin, elle est sincèrement préoccupée par le sort de ses élèves et par l'avenir de la méta-humanité, n'en doute pas une seconde. Tout cela suffit à justifier sa présence.

Et pour ce qui est de TA présence ici, j'imagine que tu connais mieux que moi les circonstances qui t'y ont amené. Veux-tu m'en parler ?

Non. Non, je ne peux pas en parler pour le moment. Peut-être dans un mois. Ou plutôt deux. C'est mon gros problème, je crois. je ne peux faire confiance à personne. Je crois que j'ai besoin de parler à une personne de confiance, mais il n'y en a qu'une seule dans la galaxie.

A moins que... Oban pense à ce qu'il doit faire pour parler à une personne de confiance : il doit la créer.

Bon, eh bien je suis rassuré, tu n'es pas aussi bizarre que je pensais. Je t'imaginais avoir un objectif moins altruiste. Ne le prends pas mal, mais je ne vois pas en quoi tu peux m'aider. Par contre, c'est avec plaisir que je parlerai avec toi si tu veux à l'avenir. Oban se lêve, prêt à partir. Encore un qui ne répond pas aux questions importantes. Comment croire quelqu'un qui reste aussi évasif ?

Ce sera avec plaisir. Une dernière chose, toutefois : Le fait est qu'il EST des personnes à qui tu peux te confier. Tu ne sais juste pas encore qui elles sont, ce qui je dois l'admettre revient presque au même pour le moment, et il est normal que tu restes prudent. Mais ne perds surtout pas ta capacité à accorder ta confiance : Tu devras prendre ce risque un jour ou l'autre, car comme je te l'ai dit on accomplit rarement quoi que ce soit d'importance en étant seul.

Et malgré ce que tu penses, je crois que je peux vraiment t'aider. Nous en reparlerons la prochaine fois, si tu reviens. En attendant, me permets-tu de te conseiller un peu de lecture ? Le changement d'attitude d'Orson est radical. L'enfant se met à sourire et sa voix se fait enthousiaste.

Ouais, j'adore lire. j'ai déjà une longue liste de trucs super intéressants. J'avoue que j'ai plusieurs thèmes en cours de développement en même temps, mais j'ai toujours appris comme ça. Je prends tout ce qu'on me donne.

Très bien, alors. Je vais t'envoyer quelques références dans ta bibliothèque personnelle. Tu pourras les consulter de chez toi.

Merci. Hésite pas à passer, je crois que je vais être occupé.

L'enfant se dirige vers la sortie pratiquée dans le mur, mais se retourne avant de passer le seuil.

Oh, et tu devrais songer à sortir un peu. Il se passe des choses, dehors. Toi, tu veux préparer les gens, eyt tu le fais d'ici parce que c'est pratique et confortable. Mais la guerre, c'est maintenant qu'elle commence. Trop de métas réunis, ici, c'est une cible de choix. On a plus besoin de toi dehors que dedans, en ce moment.

Théatral, l'enfant se retire alors.


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MessageSujet: Re: Isolation   Lun 14 Nov - 18:45

Oban pense à peine à retourner à sa quête d'arrivées d'énergie pour le moment. Il rentre "chez lui", et lance quatre professeurs en parallèle après avoir créé un affichage holo spécial : un livre de la taille de la pièce, sur lequel il projette tour à tour ses devoirs, les suggestions des gens, dont celles d'Epsylom, et des cours de sciences.

Ses trois professeurs sont des professeurs d'arts martiaux : Boxe anglaise, boxe chinoise (un avatar d'un certain Bruce Lee est sélectionnable, et comme c'est le seul ayant un vrai nom, ce devait être un spécialiste connu dans certains milieux, se dit l'enfant), taekwondo et self-défense.

Il passe en revue les coups simples et leurs différences, la théorie derrière un coup et surtout, le relâchement d'énergie cinétique à l'impact.

Il passe un certain temps sur les poings, mais s'intéresse aussi aux pieds et aux prises. Au fur et à mesure de son entraînement, il se documente par commandes vocales pour afficher sur son livre géant les informations scientifiques relatives à ses études pratiques.

Il a besoin d'évacuer intelligemment avant de se remémorer les paroles du "moine", et plus encore avant de lire ses recommandations : il a trop peur que ce soit de la lecture de propagande.

Mais au bout de deux heures, content de son crochet du gauche, il finit par prendre une pause, un fruit, de l'eau, et affiche les livres en question.


Le premier se nomme "Axid Ellorat". C'est un livre accadien qui traite de la nature du destin, des prophéties, et de la capacité de l'homme à les déjouer. Une rapide recherche lui apprend que c'est LA référence en la matière, un classique comme peuvent l'être L'Art de la Guerre de Sun Tzu ou le Prince de Machiavel. (D'ailleurs, Oban ne connaît pas ceux-là non plus mais ils sont maintenant sur sa liste de trucs auxquels jeter un oeil.)

Le second choix d'Epsylom est plus étonnant. Il s'appelle "Les Fils de la Guerre : Introduction à la civilisation drasse." Sans surprise, c'est une étude sur les drass, mais richement illustrée et apparemment écrite de façon à rendre le sujet passionnant plutôt qu'aride.


Alors qu'Oban commence à le parcourir, son attention est attirée par quelque chose : Il sent une, puis deux Sources, à la lisière de ses perceptions. En se concentrant un peu, il reconnaît celles de la directrice et d'Angélica.

Il change le texte du livre géant pour revenir aux données sur la répartition des forces cinétiques à l'impact, et reprend ses katas en frappant un mannequin qui se répare à l'infini. Il reste assez concentré sur les sources et les sons pour pouvoir lancer :


Entrez.  Juste avant qu'on frappe à la porte.

Madelyne Williams franchit le seuil de sa chambre, suivie d'Angélica, qui fait un sourire et un petit signe de la main à Oban. Aussitôt, il réalise qu'il y a quelque chose de différent par rapport à leurs dernières visites : Leurs Sources sont juste à côté de lui, ce qui signifie qu'elles sont bien là en personne, car la matrice virtuelle ne pourrait contrefaire cette sensation.

Salut.

Rebonjour, Oban. J'imagine que tu n'es toujours pas d'humeur à discuter, alors allons droit au but. Angélica a réussi à me convaincre de te laisser une dernière chance. Elle est persuadée qu'elle a une solution qui nous permettrait de travailler en bonne intelligence avec toi. En fait, si tu acceptes sa proposition, je suis prête à te laisser sortir. Tu veux bien l'écouter ?

Mm-mm. C'est la plus intelligente d'entre nous tous, après tout. Si elle a une idée, j'écoute.

Bon... Voilà, je me suis dit qu'on avait jamais pris le temps de t'expliquer ce qu'on attendait de toi, en fait. Alors pourquoi pas établir quelques règles de fonctionnement ? Pas juste pour toi, bien sûr, mais pour nous cinq. Tous les autres, Madelyne, Nétifer, Alekseï et moi, sommes d'accord pour nous y conformer. Si tu acceptes d'en faire autant, eh bien...

Eh bien je te laisse sortir d'ici. C'est aussi simple que ça. Mais il nous faudra ta parole.

Oban ignore la directrice et s'adresse à sa coéquipière.

Je te laisserai pas tomber, Angie. Vous avez déjà vos règles, ou pas ? J'ai demandé ça y'a des semaines, mais si ça peut marcher, ça vaudrait presque le coups d'avoir subi l'internement. J'imagine que c'est juste Angie qui a persuadé les autres. Je vois mal Alec ou Nétifer avoir ce genre d'idées.

Oui. Ce serait quelque chose comme ça :

Un, on repart de zéro. Plus de références aux erreurs réelles ou supposées du passé. Pour personne.

Ca, ce serait magique.

Deux, pas d'initiative personnelle si il est possible de se concerter d'abord. On peut improviser mais seulement si une situation nouvelle se présente qui nécessite une réaction immédiate. Dans tous les cas, on prévient au moins un autre membre du groupe de la situation dès que possible.

Mmmm.

Trois, on respecte les décisions prises à la majorité, même en cas de désaccord.

Quatre, on ne garde aucune information pertinente pour soi, et dans le doute on partage.

Cinq, on respecte l'esprit des règles et on n'essaie pas de les contourner en jouant sur les mots.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Quatre, je veux bien, mais dans un environnement piraté, c'est forcément de visu, et on ne se voit que très peu avec ces emplois du temps. Ce serait bien si on mangeait ensemble le midi. En plus ça me semble positif dans les écoles humaines, d'avoir un groupe soudé auquel se raccrocher.

Ouais, si c'est adopté par tout le monde, ça me va. J'aimerais pouvoir proposer un autre truc, si tu permets. C'est pas vraiment une règle. Mais ça me semble important.

On est pas un groupe militaire, même si il est composé de militaires aux trois quarts. On a dit qu'on adopterait un chef différent pour chaque épreuve. On devrait avoir un principe de fonctionnement de ce genre à l'avenir, hors du jeu. J'aimerais qu'on soit tous égaux.

Moi je ne suis pas contre, mais il faudra en parler aux autres.

Je sais, je ne suis pas en position de demander des choses, mais... Tout le groupe devrait venir ici voir Epsylom. Il procure des réponses et je crois que je ne suis pas le seul qui en aie besoin.

Oban prend bien garde à pister les réactions de Madelyne à cet instant. Elle semble un peu surprise, mais pas contrariée.

Oh, tu lui as déjà parlé ?

Oui, je suis allé chez lui quand j'ai eu besoin de faire un tour. Ca a toujours été sur ma liste de choses à faire.

Qui est Epsylom ?

Un singulier personnage. Il est entré ici comme élève à la création de l'Institut et n'est jamais parti. C'est aussi notre principal mécène après le Sélénium. Il a aidé de nombreux pensionnaires du centre d'isolement à contrôler leurs pouvoirs et à trouver leur place dans la société au fil des années.

Et il est surtout spécialisé dans un domaine bien particulier. On doit tous aller le voir, je t'assure.

Cela doit pouvoir s'arranger. C'est peut-être bien une bonne idée, en effet. Il t'a fait forte impression, on dirait.

En parlant d'arrangement, je vais préparer ta sortie. Tu vas passer une dernière nuit ici, par contre. Désolée, mais cela va déjà soulever beaucoup de questions, et si je te fais sortir là tout de suite, ce sera carrément louche. Déjà que Anne Adley commence à me demander beaucoup de choses sur toi...

A ce moment, le smartcom de la directrice émet un signal. Elle y jette un oeil et...

Ah, désolée, mais je vais peut-être bien avoir des nouvelles de l'oncle de Matemba. Je dois prendre contact.

Angélica, je te laisse raconter ça à Oban, avec le reste. A demain, jeune homme.

Elle sort, laissant Oban seul avec Angélica.


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MessageSujet: Re: Isolation   Mar 15 Nov - 23:49

Je ne sais pas comment tu as fait ça, mais merci. Et rassure-toi, j'ai eu le temps de repenser à toute cette histoire. Je reste sur mes positions sur certains points, mais je ferai amende honorable et je comprends le point de vue des autres.

D'un autre côté, j'apporte un nouvel angle sur notre mission, des données sur le processus temporel, et j'ai eu le temps de travailler quelques petites choses.


....



De quelle humeur sont les deux autres ?

Ça va. Meilleure que ce à quoi tu pourrais t'attendre. En fait, je crois que cette histoire de faire table rase du passé et de repartir à zéro, ça les a un peu soulagé aussi, ajoute-t-elle avec un clin d’œil.

En tout cas, je suis contente que toi tu ailles bien. Mais dis-moi, cet Epsylom, qu'est-ce qu'il a de spécial ? C'est vraiment rare que quelqu'un te fasse si bonne impression.

Ca n'est pas vraiment le cas, en fait. Mais il semble avoir à la fois une compréhension inégalée des forces qui régissent l'univers et l'humanité en tant qu'ensemble... Et aussi une idée fausse de son rôle dans cette tapisserie. Il voit ce qu'on pourrait devenir. C'est son don. Il ne nous dira pas, mais j'aimerais... Ca me mettrais en confiance de faire ça tous ensemble.

Et je veux voir sa tête quand il regardera Nétifer... Surtout Nétifer.

D'accord. Si tu penses que c'est important, je te fais confiance. On en parlera aux autres, mais en tout cas j'irai le voir avec toi.

Viens, on y va maintenant. Tu dois pouvoir dire aux autres ce que tu en penses.

Ah ? D'accord. Je te suis.

Il ne faut que quelques minutes pour se rendre chez d'Epsylom. Sur le trajet, Angélica s'étonne du rendu exceptionnel de l'environnement virtuel. Elle en profite aussi pour lui raconter ce qui s'est passé en son absence et le met au courant des dernières informations.

Ils finissent par arriver au cube de pierre, et comme la première fois, une porte s'ouvre dans la paroi sitôt que Oban a frappé.

Il entraîne Angélica à sa suite, et marche inconsciemment sur la pointe des pieds.


Excuse-moi. Je ne pensais pas revenir si vite mais je tenais à échanger en terme de documentation. Voici Véronica. V, c'est Epsylom.

Tu es toujours le bienvenu. Salut à vous, jeune dame.

Heu... Bonjour, répond Angélica, un peu intimidée.

Oban voit Epsylom plisser les yeux en regardant la jeune femme.

Eh bien... ÇA, c'est nouveau.

Dis-moi, mon garçon, où as-tu trouvé une telle beauté ?

Angélica rougit légèrement, un peu confuse.

L'endroit importe peu et puis, à vrai dire, je ne suis pas certain de m'en souvenir. Non, c'est l'avenir qui compte. J'ai au moins deux autres amis qu'il faut que je t'amène, et je crois que ce serait bénéfique à plusieurs niveaux pour tout le monde. Ils illustrent bien ce que je voulais te dire en partant, aussi.

On peut s'asseoir ?

Merci. Véronica, je te laisse parler, et si tu veux que je parte, dis-le.

Quoi ? Oh non, non, pas du tout. Je... heu... Je ne sais pas trop quoi dire, en fait. Orson m'a dit que je devais absolument vous rencontrer, mais il ne m'a pas dit pourquoi.

En tout cas, je le remercie de l'avoir fait. Vous êtes fascinante.

Ah ? Eh bien... merci.

Elle a l'air de ne plus savoir où se mettre.

Okay. Euh, alorsje vais résumer. Epsylom a pour don de voir les potentiels des gens. Imagine ce qu'il voit en toi, alors que tu te poses tant de questions. Tu comprendras que ça semble opportun d'amener nos deux compagnons ici... Et la vocation qu'il s'est choisie, c'est d'aider l'humanité.

Je vais te citer, Epsylom, si tu permets.

"La Veille du temps est en train de liguer de grandes forces contre l'Homme, de préparer sa destruction. Les effets ne sont encore guère visibles, mais les événements sont en marche. Quant à savoir qui seront les ennemis ou les alliés, d'où viendront les attaques, cela reste encore à voir. C'est pourquoi la meilleure chose que nous ayons à faire pour le moment est de nous préparer, de devenir plus forts, de communiquer cette force aux autres, et de guetter les signes précurseurs de la catastrophe pour mieux l'empêcher."

Oban imite jusqu'à la voix et l'intonation du moine, quelques heures plus tôt.

Et c'est pour préparer une génération qu'Epsylom a choisi cet endroit. Ca te parle ?


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MessageSujet: Re: Isolation   Mer 16 Nov - 23:06

Je comprends mieux, alors. C'est pour ça que vous préférez rester ici. Et... Vous donnez des conseils aux gens, alors ?

Jusque là, c'est mon principal moyen d'action, en effet, mais vous... Je n'ai rien à vous conseiller si ce n'est de rester telle que vous êtes. Vous êtes parfaite.

Bien sûr que non, répond Angélica avec gêne. J'ai un tas de défauts.

Ce n'est pas de ce genre de perfection dont je parle. Vous êtes... Il a un raclement de gorge. Malheureusement, plus encore avec vous qu'avec mes autres visiteurs, je n'ose trop en dire.

Par contre, mon garçon, il me tarde de rencontrer tes autres amis si ils sont de la même trempe.

Oui, euh... Ils sont assez différents, en fait. On l'est tous, pas vrai ?

Vous êtes bien immortel, Epsylom, n'est-ce pas ?

Oui, je le suis, tout comme vous, mais je vous serais reconnaissant de garder ça pour vous pour l'instant.

Je crois qu'on a tous le même avis à ce propos. Et je savais, pour cette information, mais maintenant, Véronica aussi.

On devra parler avant de revenir, miss. Mais en attendant, je voudrais que tu comprennes mon avis sur Epsylom : il serait plus utile dehors, surtout en ce moment, non ? Oban appuie son regard pour qu'Angie sente bien les sous entendus d'Oban sous les mots d'Orson.

C'est vrai. Orson n'a probablement pas tort. Vous pourriez aider beaucoup plus de gens qu'en restant ici, non ?

En fait vous êtes peut-être dans le vrai : il est très possible que le moment où je devrai quitter ces murs approche, finalement. Les signes que mon moment approche commencent à apparaître.

Mais point trop de hâte, non plus. Bientôt.

Je me doutais de cette réponse. Mais le temps presse vraiment. Vous devriez assister au moins à l'épreuve du jeu où je jouerai avec Véronica et notre équipe. Ce serait l'occasion parfaite. Vous pourriez voir tout le monde.

Je vais y réfléchir.

Si vous venez, on gagnera. Et c'est vous qui lutterez contre la Veille. Notre discussion m'a fait prendre conscience d'une chose : La Veille du temps affecte tout le monde, tout le temps. Même nous, à divers degrés. Et ça, ça veut dire qu'avec quelques modifications, le bracelet du prof. Brown serait un outil très intéressant. Ca implique plein de choses. Venez, s'il vous plaît.

On va vous laisser...  A moins que tu veuilles rester, V ?

Non, non, je viens avec toi, dit-elle en se levant.

Au revoir, monsi... heu... Epsylom.

A très bientôt, jeunes gens.



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MessageSujet: Re: Isolation   Jeu 17 Nov - 12:52

Dis, tu comprends ce que tout ça veut dire ? Il pourrait identifier les gens selon leur potentiel de tout faire pêter.

Et ce qu'il a dit... Qu'on a une force ou une volonté derrière le problème qu'on affronte... et sûrement derrière plein d'autres ennuis à venir. Il dit qu'on en a pour au moins mille ans de crises ! Tu imagines ? On passe de "salut t''es immortel, c'est cool" à "salut, voilà mille ans d'embrouilles" !

Et ce que tu me dis sur le composé bleu... Ca me rappelle que je pensais que Gabriel était la bombe. Cette idée, je crois qu'il faut de nouveau la considérer avec un certain sérieux. Et quant à votre accident durant la course, vu que vous êtes certains que ce n'en était pas un, et que le coupable logique n'a qu'une excuse : "je suis assez un salaud mais pas assez puissant pour faire ça"... Pas besoin d'être doué en maths pour additionner tout ça.

C'est quoi, la prochaine étape ? Vous êtes sur quoi là, maintenant ? L'enfant est électrique, et semble avoir très bien assimilé la notion d'oubli proposée par Angélica.

On va parler à Jarod demain matin. Puisque tu lui as déjà dit beaucoup de choses, ça ne rimerait à rien de le laisser se débrouiller seul, de toute façon.

Bon, écoute, je vais y aller. Je t'attendrai à ta sortie, d'accord ?

Comme tu veux, je peux vous rejoindre. A demain, alors.

Une fois Angie partie, Oban sauve sur son adresse personnelle les cours et la documentation qu'il a reçue ici pour l'étudier ultérieurement, affiche le livre Drass sur son interface de livre géant, et relance les professeurs d'arts martiaux.

Ce Lee a des notions impressionnantes, et son "one inch punch" fascine l'enfant. Oban ne dormira probablement pas ce soir, mais il compte bien se fatiguer autant que possible. Il enchaîne les frappes sur les mannequins virtuels et s'essaie même à des simulations de combat.

Le livre Drass n'est pas du tout ce à quoi il s'attendait, car il s'agit en fait de la retranscription d'une série d'entretiens.


Il s'agit d'une traduction d'un ouvrage sélucéen rédigé il y a près de quatre siècles par un certain Den-I Kou-ed, un sélucéen membre des gardes rouges, la force militaire d'élite de la guilde Ren-Ka-Ru. Lors d'un conflit sur une route commerciale, son chasseur ainsi que celui d'un guerrier drass se sont tous deux écrasés sur un monde inexploré. D'abord ennemis, lui et le drass finirent par coopérer pour survivre sur un monde particulièrement hostile puis par devenir amis. Si une partie du récit narre leurs aventures et leur difficile survie, les deux tiers du livre racontent leurs longues discussions, au cours desquelles Kou-ed en appris énormément sur la société drasse.

L'ouvrage est particulièrement massif et Oban n'en effleure que la surface lors de cette soirée, mais la lecture s'avère plutôt passionnante.



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MessageSujet: Re: Isolation   Jeu 17 Nov - 20:34

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